La 11e Division Aéroportée a récemment mené une expérimentation innovante combinant guerre électronique (GE) et lutte contre les systèmes aéronefs sans pilote (C-UAS) au sein du Joint Pacific Alaskan Range Complex (JPARC), près de Fort Greely en Alaska. Cette initiative a rassemblé des soldats spécialisés en guerre électronique de la division, en collaboration avec des fournisseurs d’UAS et de technologies C-UAS, afin de tester ces équipements dans les conditions extrêmes de l’Arctique.
L’exercice, réalisé en partenariat avec la Defense Innovation Unit (DIU), a offert aux soldats une opportunité inédite d’intégrer des systèmes de guerre électronique avec des technologies avancées de contre-UAS. Ils ont ainsi pu affiner leurs tactiques, techniques et procédures (TTP), tout en perfectionnant leur capacité à détecter et neutraliser les menaces représentées par les drones ennemis dans un spectre électromagnétique (SEM) disputé.
« Cette formation a été une occasion rare pour nos équipes de guerre électronique de travailler ensemble et d’observer directement le fonctionnement des systèmes UAS en conditions de froid extrême », a souligné le 1er lieutenant Gunnar Moffitt, chef de peloton GE au sein du 2e Brigade Combat Team (Airborne) de la 11e Division Aéroportée. « Nous avons détecté des signatures radiofréquences (RF), localisé des liaisons de commandement et de contrôle des UAS, et évalué les performances de nos systèmes face au gel et à une neige abondante. Ce type d’entraînement est essentiel pour préparer nos soldats à évoluer sur un champ de bataille invisible lors d’opérations de grande envergure (LSCO). »
Les points clés de cette expérimentation se sont concentrés sur la détection et l’analyse des signatures électromagnétiques des différentes plateformes UAS, notamment leurs liens de commandement et contrôle. Les soldats ont utilisé leurs systèmes organiques de guerre électronique pour identifier et localiser les opérateurs ennemis d’UAS, tout en mesurant l’efficacité de leur matériel dans un environnement arctique.
« La guerre électronique a longtemps été négligée ces vingt dernières années, mais le conflit en Ukraine a montré son importance cruciale dans les opérations à grande échelle », a indiqué le sergent Clayton Wall, chef de peloton GE. « La guerre électronique joue un rôle majeur dans la guerre moderne, et c’est motivant d’être à la pointe de cette technologie. Nous ne faisons pas qu’entraîner nos équipes, nous façonnons l’avenir de l’armée et préparons la victoire à venir. »
Situé dans une zone connue pour ses conditions climatiques extrêmes, le JPARC présente régulièrement des températures largement négatives et d’importantes chutes de neige. Ce cadre naturel rigoureux a permis de mettre à l’épreuve la résistance et l’efficacité des systèmes de guerre électronique, ainsi que des équipements UAS et C-UAS. Les soldats ont notamment constaté l’impact du froid sur la durée de vie des batteries, apportant des enseignements précieux sur les limites opérationnelles en milieu arctique.
« Cet équipement nous a permis de voir le champ de bataille invisible », a ajouté le sergent Wall. « En analysant nos systèmes, nous obtenons une meilleure compréhension des capacités ennemies. Ces informations sont indispensables pour conseiller les commandants de brigade et acquérir un avantage tactique dans les LSCO. »
Les participants ont également pu confirmer la visibilité des signatures UAS dans le spectre électromagnétique, tout en évaluant l’efficacité de leurs solutions pour détecter et contrer ces menaces. Les données collectées au cours de cette phase d’entraînement serviront à améliorer les capacités de guerre électronique et de lutte contre les drones, assurant ainsi la préparation de l’armée à dominer le domaine aérien littoral – c’est-à-dire l’espace aérien situé entre le sol et 3 000 mètres d’altitude.
« La guerre électronique est l’avenir de l’armée, » a conclu le 1er lieutenant Moffitt. « Ce domaine offre un véritable levier d’action, et cet entraînement nous a démontré comment utiliser les nouveaux équipements pour façonner le champ de bataille et peser dans les opérations à grande échelle. »
Cette expérimentation s’inscrit dans un programme plus large de la 11e Division Aéroportée, visant à combler des lacunes capacitaires cruciales identifiées dans la Stratégie Arctique de l’Armée américaine, intitulée « Regaining Arctic Dominance ». Le travail de la division en Alaska souligne le rôle primordial de la guerre électronique dans les conflits contemporains, ainsi que son engagement à garantir l’efficacité et la survie des forces dans des environnements extrêmes.