Lors de l’opération Sindoor, menée en réponse à l’attentat terroriste de Pahalgam en mai 2025, la marine indienne a démontré sa capacité à intervenir rapidement et avec force en mer. Le vice-amiral Tarun Sobti, chef adjoint de l’État-major de la Marine, a détaillé les actions décisives de la marine lors du dialogue interarmées Ran Samwad-2025, soulignant la mobilisation du porte-avions INS Vikrant équipé de 15 chasseurs MiG-29K.
Cette opération d’envergure a provoqué une transition rapide de l’exercice militaire TROPEX vers une posture de guerre. Le vice-amiral Sobti a indiqué : « En l’espace de 96 heures, tous les navires opérationnels étaient en mer. Nous sommes retournés aux ports pour recompléter les munitions, car ils ne partent pas toujours pleinement chargés pour des raisons opérationnelles ou techniques, puis tous les navires et sous-marins ont été ravitaillés et prêts avant de repartir. »
L’INS Vikrant, premier porte-avions indien construit localement et en service depuis septembre 2022, a constitué la pièce maîtresse de ce dispositif. Armé de 15 MiG-29K, il a dirigé un groupe de combat comprenant destroyers, frégates et sous-marins. Cette concentration de forces dans les eaux internationales au sud de Karachi a exercé une quasi-blocade maritime, confinant la marine pakistanaise à ses ports et perturbant ses opérations en mer.
La marine indienne visait ainsi une « posture avancée et dissuasive » afin d’empêcher la marine pakistanaise de menacer le littoral indien ou de compromettre les routes commerciales stratégiques. Le vice-amiral a précisé : « Nous avons embarqué 15 MiG-29 sur notre nouveau porte-avions Vikrant et étions prêts en mer. L’objectif était de maintenir une posture avancée, dissuasive, pour que la marine adverse ne puisse en aucun cas menacer nos lignes commerciales, nos voies économiques ou notre littoral. »
Cette stratégie a porté ses fruits. Sobti a confirmé : « Nous avons été extrêmement efficaces, repoussant la marine pakistanaise qui s’est retrouvée confinée près de ses côtes. Elle n’avait aucune liberté de manœuvre, n’osait pas s’aventurer au large et est restée close à la côte, tandis que nous maintenions cette posture. » La marine indienne a tiré parti d’une conscience situationnelle maritime renforcée par satellites, avions, drones et radars côtiers, neutralisant ainsi les unités navales pakistanaises sans affrontement direct.
L’opération Sindoor a également mis en lumière la capacité de la marine indienne à mener une guerre « sans contact », en s’appuyant sur le renseignement avancé, des missiles à longue portée et des systèmes sans pilote pour atteindre ses objectifs stratégiques tout en restant en dehors des frontières adverses. Sobti a indiqué : « De nombreuses leçons ont été tirées de l’opération Sindoor, non seulement par la marine mais par l’ensemble des forces armées. Certaines mesures ont déjà été mises en œuvre, d’autres sont en cours rapide de déploiement. »
Parmi les enseignements clés figure le besoin d’améliorer les capacités de frappes de précision à longue portée ainsi que de renforcer les dispositifs de lutte anti-drones. Le vice-amiral a souligné la menace croissante que représentent les drones peu coûteux, rappelant les attaques des Houthis dans la mer Rouge et le golfe d’Aden : « Les navires de guerre, équipés de missiles sol-air très onéreux, ne peuvent pas se permettre d’épuiser leurs arsenaux limités contre quelques drones à faible coût. Nous devons développer des systèmes anti-drones capables d’abattre ces engins économiques déployés par l’ennemi. »
Un défi opérationnel majeur concerne cependant les interférences générées par les brouilleurs anti-drones sur les radars navals. Sobti a expliqué : « Nos navires sont déjà saturés d’équipements, et le milieu électromagnétique est dense. L’ajout de systèmes émetteurs comme les brouilleurs risque de perturber nos propres capacités radar. » Il a souligné la nécessité d’une meilleure gestion électromagnétique et d’une intégration plus poussée des systèmes à bord.