Article de 673 mots ⏱️ 4 min de lecture

Selon de nombreux experts militaires, la production totale anticipée de chasseurs J-20 par l’Armée populaire de libération chinoise (APL) devrait bientôt dépasser, si ce n’est déjà fait, le seuil des 200 exemplaires. Pour la Chine, cela marque une étape majeure dans l’évolution de ses capacités militaires. Pour les États-Unis, c’est l’apparition d’une menace aérienne de plus en plus significative.

La différence en nombre d’appareils furtifs entre la Chine et les États-Unis se réduit rapidement. Aujourd’hui, cet écart est inférieur à 180 avions, et si l’on exclut la flotte de F-22, principalement clouée au sol en raison de son vieillissement, le nombre pourrait même se réduire à environ 150 chasseurs seulement. Ce constat représente un succès notable pour l’APL.

Avec l’entrée prochaine en production de la nouvelle usine d’aéronefs de Chengdu, il est prévu que le rythme annuel de fabrication des J-20 dépasse la barre des 100 appareils.

De son côté, la force aérienne américaine voit une baisse progressive des livraisons d’avions F-35A, notamment dû au retard dans le déploiement des versions F-35 TR 3 et Block 4. La croissance annuelle du parc F-35A de l’US Air Force devrait ainsi se situer entre 30 et 50 appareils dans les années à venir.

Dans un horizon de 2 à 3 ans, l’écart en nombre de chasseurs furtifs entre les deux forces aériennes devrait donc disparaître.

Un regard sur le J-16D

Si le J-20 attire beaucoup d’attention, les chasseurs électroniques J-16D de l’APL suscitent un intérêt tout aussi important, voire supérieur chez certains analystes. Il est même avancé que le J-16D représente la menace la plus sérieuse pour le F-22 américain.

Cette appréciation s’explique par la spécialisation du J-16D en guerre électronique. Bien que cet avion ne dispose pas de furtivité comparable à celle du J-20 ou du F-22, il présente une grande capacité de survie en combat, notamment dans des espaces aériens fortement couverts par des réseaux radar sophistiqués. Son rôle dans le brouillage et la protection électronique est crucial.

Fonctionnement et tactiques des avions de guerre électronique

Les radars fonctionnent en émettant des ondes électromagnétiques qui sont réfléchies par les cibles, permettant ainsi de déterminer leur position en trois dimensions. Les avions de guerre électronique comme le J-16D analysent ces signaux et renvoient des « échos » artificiels vers les radars ennemis.

Deux effets sont principalement recherchés :

  • La saturation du canal radar ennemi par un volume important de fausses échos, ce qui surcharge et perturbe le système.
  • La création de « signaux fantômes » destinés à tromper la chaîne de commandement adverse sur la taille réelle d’une flotte, simulant ainsi une force aérienne plus importante que la réalité.

Généralement, la première méthode protège les grandes formations de chasseurs, tandis que la seconde est utilisée lorsqu’un petit groupe tente de se faire passer pour une force supérieure.

Combinaison J-16D et J-20 : une stratégie complémentaire

En dépit de la forte émission de signaux qui peut rendre le J-16D détectable à distance—en particulier face aux systèmes passifs utilisés par les F-22 et F-35—il constitue une menace sérieuse. Dans un combat aérien, le rapport de force équilibré entre J-16D et F-22 est estimé à environ 6 pour l’américain contre 4 pour le chinois. Face au F-35, équipé d’une électronique avancée, ce rapport pourrait être plus favorable aux États-Unis.

Dans la doctrine militaire de l’APL, le J-20 demeure le principal atout contre les chasseurs furtifs américains, mais le J-16D joue un rôle d’appui irremplaçable. Ce tandem offre à la Chine une efficacité renforcée pour contester la supériorité aérienne américaine.