Un sondage récent révèle que 62 % des Américains sont favorables à l’emploi de la force militaire contre les trafiquants de drogue présumés, tandis que le Département de la Défense américain continue ses frappes aériennes sur des navires dans les eaux proches de l’Amérique latine.
Selon la Reagan National Defense Survey, qui interroge annuellement environ 2 500 Américains sur des sujets liés à la sécurité nationale, aux forces armées et aux événements géopolitiques — parmi lesquels 7 % d’anciens combattants — une majorité des sondés approuve fortement ou modérément l’usage des forces militaires contre les trafiquants de drogue dans la région latino-américaine et les Caraïbes. Ce soutien apparaît dans un contexte marqué par des divisions partisanes profondes sur divers thèmes, mais aussi par un regain d’appui pour l’OTAN ainsi que pour la défense de Taïwan et de l’Ukraine.
Le sondage, mené entre le 23 octobre et le 3 novembre, a sondé l’opinion publique sur des questions variées, telles que le déploiement de la Garde nationale dans les villes américaines et la confiance accordée à des institutions comme la Cour suprême ou l’armée américaine.
L’emploi de la force militaire contre les trafiquants de drogue était une nouvelle thématique intégrée cette année. La question évoquait spécifiquement l’usage de la force, distinct des opérations régulières d’interception menées depuis des années par la Garde côtière et la Marine américaine contre des embarcations suspectées ou reconnues impliquées dans le trafic de drogue. Ce sondage intervient à un moment où les opérations militaires dans ces eaux s’intensifient : au début de la période d’enquête, les États-Unis avaient déjà conduit neuf frappes, passage à 15 à la fin de celle-ci, puis six supplémentaires après le 3 novembre, totalisant 83 morts. Actuellement, les États-Unis maintiennent une importante présence navale dans les Caraïbes, avec environ 15 000 soldats déployés dans la région.
Les participants ont également été invités à évaluer leur confiance dans diverses institutions publiques, avec des réponses classées de « une grande confiance » à « pas du tout ». L’armée a obtenu les meilleurs résultats, avec 82 % des sondés exprimant au moins un certain niveau de confiance. En revanche, la proposition de renommer le Département de la Défense en « Département de la Guerre » — titre officieux employé par l’administration Trump — a été largement rejetée, avec 59 % de désapprobation contre seulement 36 % d’approbation.
Sur des questions domestiques, 62 % des répondants se sont dits favorables au déploiement de la Garde nationale dans les villes en cas de « troubles civils majeurs ou pour lutter contre la criminalité violente », référence aux interventions récentes à Los Angeles, Washington D.C. et ailleurs cet été.
Concernant les programmes liés à la diversité et aux droits civiques au sein de l’armée, l’opinion s’avère divisée : 47 % souhaitent mettre fin aux initiatives de diversité, équité et inclusion au Pentagone, tandis que 48 % souhaitent leur maintien. Par ailleurs, 50 % des sondés soutiennent la réintégration des restrictions au service militaire des personnes transgenres, contre 45 % d’opposants.
La confiance générale accordée à l’armée reste stable, avec 49 % de la population présentant un haut niveau de confiance, un chiffre inférieur à celui de 2018 (70 %) mais constant depuis plusieurs années. Le sondage souligne également une hausse de l’encouragement au service militaire, avec 59 % des participants prêts à recommander à un proche de rejoindre l’armée, contre 51 % en 2023.
Sur le plan de la politique étrangère, le soutien à l’armement de l’Ukraine a progressé à 64 %, contre 55 % l’an dernier. Le soutien à la défense de Taïwan ainsi que la popularité de l’OTAN et de son accord de défense collective ont eux aussi augmenté.