Un rapport de RAND met en lumière les difficultés des États-Unis à mobiliser rapidement les ingénieurs, techniciens et chercheurs spécialisés nécessaires pour remplacer les systèmes spatiaux militaires endommagés ou détruits lors d’un conflit majeur.
Le rapport évalue la capacité de l’industrie spatiale de défense américaine à rétablir les capacités perdues en 12 à 24 mois face à un adversaire technologiquement avancé. Il met en évidence des pénuries déjà présentes en temps normal qui pourraient s’aggraver fortement en cas d’accélération de la production durant un conflit.
Trois catégories de postes sont particulièrement touchées :
- Le secteur spatial emploie environ 3 % des ingénieurs américains, le plaçant en concurrence avec des industries souvent mieux financées.
- Une pénurie grave de techniciens et assembleurs, ces derniers étant essentiels à la fabrication, à l’intégration et aux tests des matériels spatiaux ; la demande annuelle pour ces postes dépasse de près de trois fois l’offre disponible.
- Les spécialistes titulaires de diplômes avancés dans des domaines pointus comme les systèmes électro-optiques ou l’électronique renforcée contre les radiations, dont la formation peut nécessiter plus de 15 ans, ce qui complique leur remplacement en situation d’urgence.
Le rapport souligne également l’impact des contraintes liées à la sécurité : les procédures d’habilitation peuvent durer plus de six mois et un nombre important de doctorats en génie électrique et informatique sont attribués à des étrangers qui ne peuvent pas obtenir d’habilitations américaines, limitant ainsi le vivier d’experts pour les programmes sensibles.
Pour répondre à ces défis, RAND recommande :
- La mise en place d’une direction centrale au sein de la US Space Force chargée du développement des compétences dans l’industrie spatiale de défense, en coordonnant les programmes gouvernementaux avec les besoins industriels.
- Le renforcement des formations à tous les niveaux via des partenariats scolaires, des formations professionnelles, des stages, des bourses universitaires et des programmes de recherche avancée.
- Un accent particulier sur la collaboration entre entreprises et collèges communautaires dans des disciplines techniques telles que l’exploitation de salles blanches et la fabrication de semi-conducteurs.
- L’encouragement à l’automatisation, notamment par l’intégration de l’assemblage robotisé et des tests automatisés.
- L’inclusion de clauses de montée en charge dans les contrats à venir afin de préparer dès maintenant les industriels à augmenter rapidement leur production en cas de crise.
