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Luke Pollard, ministre britannique de la préparation à la défense et de l’industrie, a insisté sur l’importance d’équiper les forces armées avec du matériel adapté aux conflits actuels, notamment celui en Ukraine. Lors d’une intervention à Londres, il a affirmé que « si notre technologie et notre équipement ne fonctionnent pas en Ukraine, je ne veux pas qu’ils soient dans nos forces armées ».

Cette déclaration illustre un changement de paradigme dans la stratégie britannique, qui cherche à abandonner les anciennes méthodes pour intégrer de nouvelles technologies et pensées afin de répondre aux défis contemporains et futurs. Selon lui, la guerre menée par la Russie en Ukraine a profondément modifié la manière dont le Royaume-Uni doit se préparer à combattre.

Le ministre a souligné que beaucoup des innovations majeures dans le secteur de la défense proviennent désormais de startups technologiques et d’entreprises agiles, capables de réagir rapidement. Il a lancé un défi à l’industrie et aux investisseurs : comment mieux identifier, financer et dynamiser les idées créatives pour que les forces armées — britanniques et alliées — bénéficient au plus vite des meilleures technologies ?

Reconnaissant la lenteur et le coût auparavant associées aux achats du ministère de la Défense, Pollard a mis en avant des réformes telles que la nomination d’un Directeur national des armements issu du secteur privé, la création d’un bureau dédié à la croissance des petites entreprises, et un plan d’action pour les PME visant à augmenter de 50 % les dépenses auprès de ces entreprises d’ici l’été 2028. Cela représente une augmentation de 2,5 milliards de livres destinée aux PME, par des méthodes d’approvisionnement renouvelées.

Il a également évoqué la multiplication des pôles régionaux de défense et de sécurité qui permettent de créer des synergies entre grands fournisseurs, autorités locales et investisseurs, facilitant ainsi les collaborations locales.

Par ailleurs, Pollard a affirmé que les budgets publics seuls ne suffiraient pas à construire la capacité nécessaire rapidement et que le capital privé, via la place financière londonienne, doit être mobilisé pour renforcer la défense et l’emploi dans ce secteur stratégique.

Pour illustrer ce dynamisme, il a cité plusieurs succès : 13 startups britanniques ont obtenu récemment des contrats allant jusqu’à 4 millions de livres dans le cadre du Defence Unicorn Fund. Parmi elles, Kraken Technologies, spécialisée dans les navires de surface sans équipage, a levé 175 millions de dollars sur la base d’une valorisation d’un milliard. D’autres entreprises comme Green Jets, engagées dans la lutte contre les drones, et JET Connectivity, présente dans le programme d’innovation de l’OTAN DIANA, témoignent de la vitalité et du potentiel d’innovation britanniques.

Le ministre a conclu en rappelant que la défense est une « entreprise de toute la société et de tout le gouvernement », insistant sur le rôle primordial du ministère de la Défense mais soulignant que la réussite dépend d’un effort collectif. Il a terminé en rappelant que l’objectif est d’accroître la dissuasion avec de nouvelles technologies, mais aussi de rester prêts à combattre et à gagner si la dissuasion venait à échouer.

Sources : ukdefencejournal