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L’Armée britannique a récemment mené des essais dynamiques impliquant un essaim de huit drones, testant une technologie innovante qui permet à un groupe de systèmes sans équipage d’être commandé collectivement dans des scénarios militaires réalistes.

Ce projet constitue la première phase du Software Defined Swarms Concept Demonstrator, une initiative développée par le Defence Science and Technology Laboratory (Dstl) en collaboration avec le Quartier Général de l’Armée et l’industrie, s’appuyant notamment sur des travaux menés dans le cadre du partenariat AUKUS.

Deux approches industrielles ont été évaluées en conditions opérationnelles réelles : l’une par BlueBear, une filiale de Saab, et l’autre par le Disruptor Group, un consortium britannique dirigé par Applied Intuition.

Ces essais ont permis aux soldats d’expérimenter comment ces systèmes accomplissent des tâches représentatives du champ de bataille, particulièrement dans les domaines du renseignement, de la surveillance et de la reconnaissance pour les forces déployées en avant.

Au cœur de ce travail se trouve ce que l’Armée décrit comme un véritable phénomène de swarming : un commandement collaboratif des groupes de robots, et non le simple pilotage individuel de plusieurs drones opérant dans une même zone.

Brigadier Kieran Sheldon, responsable des plans de capacité militaire, a souligné l’énergie positive du partenariat avec le Dstl et l’industrie, qui a permis la réalisation de nombreuses expérimentations sur le terrain depuis mai. Selon lui, la technologie des essaims de drones offre un potentiel majeur que l’Armée est désormais mieux placée pour exploiter.

L’expérimentation a déjà duré huit semaines via le Swarm Capability Test Bed, constitué de huit véhicules aériens sans pilote, et le système est désormais entre les mains des opérateurs de l’Armée britannique. Le groupe d’expérimentation et d’essais poursuit les opérations de vols en conditions réelles, avec des programmes prévus jusqu’en 2027.

Le Dstl précise que ce démonstrateur repose sur des architectures ouvertes, ce qui garantit que le système pourra être adapté à de nouvelles technologies sans être lié à un type spécifique de drone ou de système de contrôle. Cette approche pourrait également être étendue à d’autres domaines, tels que les véhicules terrestres sans pilote ou les navires de surface autonomes.

Ce projet capitalise sur plus d’une décennie de recherche du Dstl en intelligence artificielle, autonomie et technologies d’essaim, matérialisée aujourd’hui par une plateforme opérationnelle directement utilisable sur le terrain.

Richard, gestionnaire du programme Land Systems au Dstl, a insisté sur la synergie créée entre excellence technique, compréhension opérationnelle et cohérence stratégique permettant de développer une capacité susceptible de transformer profondément l’avantage militaire futur.

L’Armée britannique perçoit ces systèmes en essaim comme un moyen d’accroître la masse opérationnelle sur le champ de bataille sans dépendre uniquement de plateformes pilotées coûteuses, en s’appuyant sur des systèmes autonomes à moindre coût capables d’agir de concert pour produire un effet coordonné.

Le Brigadier Sheldon estime que cette technologie offre une réelle opportunité d’accélérer l’adoption de systèmes sans équipage, autonomes et en essaim pour renforcer la puissance de combat via des systèmes moins coûteux, consommables et capables d’effets coordonnés.

Enfin, ces développements intègrent aussi les enseignements tirés du conflit en Ukraine, où l’évolution rapide des drones, des systèmes autonomes et de la guerre électronique met en lumière la nécessité de technologies adaptables face à des menaces en constante évolution.

Sources : ukdefencejournal