Hindustan Aeronautics Limited (HAL), principal fabricant indien dans les secteurs aérospatial et de la défense, a annoncé qu’il équipera l’ensemble des 73 chasseurs Tejas Mk1A de systèmes radar et de guerre électronique (GE) importés. Cette décision marque un recul par rapport à l’engagement initial d’intégrer le radar AESA Uttam et la suite de guerre électronique Swayam Raksha Kavach (SRK), tous deux développés localement par l’Organisation de Recherche et de Développement pour la Défense (DRDO).
Le choix de HAL de délivrer une lettre d’intention à l’entreprise israélienne ELTA Systems pour la fourniture des radars et systèmes de guerre électronique illustre les difficultés rencontrées dans la certification des technologies autochtones par le DRDO. Cette situation soulève des interrogations quant à la maturité opérationnelle des équipements développés en Inde, tout en posant un défi à la politique d’« Atmanirbhar Bharat » (Inde autonome) visant à renforcer l’autosuffisance dans la production de défense.
Une décision pragmatique face à des obstacles techniques
Les radars et systèmes de guerre électronique israéliens d’ELTA sont largement reconnus pour leur fiabilité et leur performance, ce qui explique la volonté de HAL d’opter pour une solution éprouvée afin de ne pas retarder la montée en puissance du Tejas Mk1A. Ces équipements permettront d’assurer rapidement les capacités tactiques indispensables en matière de détection, de suivi, et de contre-mesures électroniques face aux menaces modernes.
Un revers pour les ambitions technologiques indiennes
Le programme de développement du radar AESA Uttam et de la suite SRK s’inscrivait dans la volonté de l’Inde de maîtriser des technologies clés dans le domaine de la guerre électronique, domaine devenu central dans les conflits aéronautiques contemporains. Cependant, les retards accumulés dans la certification et l’intégration de ces systèmes ont contraint HAL à reconsidérer ses choix pour ne pas compromettre la livraison des avions à l’armée de l’air indienne.
Le radar AESA Uttam devait offrir une amélioration substantielle en termes de portée, de résolution, et de résistance aux brouillages électroniques, tandis que la suite SRK devait renforcer la capacité du Tejas Mk1A à faire face aux menaces électroniques adverses. Leur développement traduit les efforts significatifs de la DRDO pour doter les forces armées indiennes d’équipements autonomes et souverains.
Vers une intégration progressive des technologies indigènes ?
Ce choix de recourir aux systèmes israéliens ne signifie pas un abandon définitif des technologies indigènes. La DRDO poursuit ses travaux pour finaliser la certification des équipements domestiques et espère les intégrer dans des versions futures du Tejas, assurant ainsi un transfert technologique progressif et une indépendance croissante à long terme.
Le cas du Tejas Mk1A illustre ainsi les défis auxquels fait face l’industrie de défense indienne dans sa quête d’autonomie, confrontée à la nécessité de répondre aux exigences opérationnelles immédiates tout en développant des capacités technologiques nationales.