De nouvelles images révèlent les travaux en cours sur le prototype de canon à rail électromagnétique des Forces d’autodéfense japonaises, actuellement installé sur le navire d’essai JS Asuka. Une épreuve en mer haute mer de cette arme dans sa configuration actuelle est prévue d’ici la fin du mois, si elle n’a pas déjà eu lieu.
Les progrès réguliers du Japon dans ce domaine contrastent fortement avec l’abandon, au début des années 2020, par la Marine américaine de ses recherches sur ce type d’armement, en raison de difficultés techniques majeures.
Les images capturées le 30 juin au port de Yokosuka montrent le JS Asuka équipé de son canon à rail. Elles ont été diffusées originellement sur le réseau social X par @HNlEHupY4Nr6hRM. Le JS Asuka est un navire d’essais de 6200 tonnes au design apparenté à celui d’un bâtiment de guerre. Il avait été pour la première fois présenté avec son canon à rail monté sur tourelle, situé sur le pont d’envol arrière, en avril dernier.
Ces clichés dévoilent la zone entourant le canon à rail ouverte, ce qui permet un accès direct à l’arme pour effectuer des travaux. Cela confirme que le canon installé sur le JS Asuka est en tout point similaire – voire identique – au prototype testé depuis plusieurs années par l’Agence japonaise d’acquisition, de technologie et de logistique (ATLA), tant à terre qu’en mer. L’évolution précise du design au fil du temps reste cependant inconnue.
On observe également ce qui semble être plusieurs générateurs ou condensateurs transportés dans des conteneurs, ainsi que d’autres matériels ou espaces de travail mobiles destinés à soutenir le système d’arme.
Le canon à rail : cet armement utilise des électroaimants au lieu de propulseurs chimiques pour lancer des projectiles à des vitesses exceptionnellement élevées. Historiquement, ces systèmes requièrent une énorme puissance électrique et un refroidissement intensif, entraînant leur encombrement important et leur complexité technique.
Dans ce contexte, le choix d’installer la tourelle du canon sur le pont d’envol du JS Asuka est apparu judicieux d’un point de vue expérimental, grâce à l’espace disponible sur ce pont dégagé. Intégrer un tel système sur un bâtiment de combat classique supposerait en effet de résoudre les contraintes liées à l’alimentation électrique, au refroidissement et au volume nécessaire en soute, ce qui représenterait un défi majeur en termes de temps et de moyens.
Les canons à rail posent aussi des défis liés à l’usure rapide causée par la friction intense générée lors du tir répétitif à grande vitesse. Cette usure affecte la portée, la précision et la durabilité de l’arme, pouvant même entraîner un risque de défaillance critique.
Selon l’ATLA, lors de précédents essais, il a été possible de tirer des projectiles à environ 4988 miles par heure (2230 m/s, soit Mach 6,5) avec une énergie de charge d’environ cinq mégajoules (MJ). Les objectifs annuels avaient fixé une vitesse minimale de 4473 miles par heure (2000 m/s) et une durée de vie de la bouche du canon de 120 tirs, d’après Naval News. Des efforts sont par ailleurs menés pour réduire les besoins en puissance de l’arme.
En mai, Aviation Week rapportait qu’une campagne d’essai en mer pour le canon à rail du JS Asuka était prévue en juin. Un article publié au Japon indiquait ensuite que cette période de tests devait s’étendre du 9 juin au 25 juillet. Le bâtiment a été observé quittant Yokosuka le 9 juin, sans que l’on sache si des tirs réels ont déjà eu lieu depuis.
Intervenant lors d’une table ronde à DSEI Japon 2025, Kazumi Ito, directeur principal de la division politique d’équipements à l’ATLA, a confirmé que les travaux sur les canons à rail au Japon étaient en « progression », tout en reconnaissant « plusieurs défis » persistants.
Malgré ces obstacles, les autorités japonaises accentuent leur volonté de doter la Marine d’un canon à rail opérationnel à l’avenir. Depuis le salon DSEI Japon 2025, le Ministère de la Défense expose publiquement un modèle de tourelle beaucoup plus aérodynamique que celui dont dispose actuellement le JS Asuka.