Après cinquante ans d’opération, Taiwan retire ses derniers chasseurs F-5, un symbole de la transition militaire de l’île vers des équipements plus modernes face aux menaces croissantes. La modernisation des forces aériennes taïwanaises s’accélère avec l’acquisition de nouveaux avions de combat et la mise à niveau des appareils existants.
Pour répondre aux tensions grandissantes avec la Chine continentale, Taiwan procède à une rénovation importante de ses moyens aériens, pilotés ou sans pilote. Cette stratégie inclut notamment l’achat de 66 chasseurs F-16V de dernière génération ainsi que l’adaptation de ses avions actuels aux normes les plus récentes.
La République Populaire de Chine considère l’île comme une province rebelle et n’a jamais renoncé à la menace d’une invasion depuis la séparation de 1949, à la suite de la guerre civile chinoise.
Récemment, l’armée de l’air taïwanaise a convié des journalistes à assister à un dernier vol spectaculaire des chasseurs F-5, en service depuis 1965. Beaucoup de ces appareils servent désormais de plateformes d’entraînement, de reconnaissance ou de leurres.
Depuis environ trois décennies, avec l’arrivée de chasseurs plus performants – les F-16 américains, les Mirage 2000 français et les Ching Kuo développés localement –, le rôle des F-5 s’est réduit à des missions secondaires.
Le F-5, l’un des avions de chasse les plus produits au monde, a fait de Taiwan son plus grand opérateur à un moment donné, avec 336 exemplaires, dont environ 100 ont été assemblés sur place. Plusieurs dizaines de pays continuent d’exploiter ce modèle, y compris les États-Unis, qui l’utilisent comme adversaire simulé lors d’exercices militaires.
En 1973, Taiwan a collaboré avec l’avionneur américain Northrop Corporation pour produire localement le F-5E, dans le cadre du « Projet Paix du Tigre ». Ce programme a permis la fabrication de 308 avions, comprenant 242 monoplaces F-5E et 66 biplaces F-5F.
Réputés pour leur vitesse, maniabilité, faible coût et facilité d’entretien, ces avions ont longtemps assuré la défense du ciel au-dessus du détroit de Taiwan face aux chasseurs soviétiques puis chinois.
Avant la crise du détroit de Taiwan en 1995, l’armée de l’air taïwanaise était redoutable, assurant régulièrement des patrouilles de reconnaissance dans les espaces aériens de Kinmen et Matsu.
Les F-5 étaient principalement basés sur la côte est de l’île, séparée de la Chine continentale par le détroit de Taiwan, large de 160 kilomètres, et la barrière naturelle constituée par la chaîne de montagnes centrale taïwanaise.