Le 2 juillet dernier, le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, a reçu son homologue argentin, Luis Petri, dans une rencontre de haut niveau au Pentagone. Cette réunion visait à renforcer les relations bilatérales en matière de défense et à discuter des enjeux sécuritaires régionaux. Pete Hegseth a souligné l’engagement de l’Argentine dans la modernisation de ses forces armées, notamment à travers l’acquisition de chasseurs F-16 et de blindés Stryker 8×8 de conception américaine, qualifiant cet accord de jalon majeur pour l’interopérabilité entre les armées des deux pays.
Cette réunion a formalisé la livraison des équipements de défense par la signature des Lettres d’Acceptation (LOA), marquant une nouvelle étape dans l’alliance stratégique initiée par le président argentin Javier Milei et le président américain Donald Trump. Le plan de modernisation comprend l’achat de 24 avions de combat F-16AM/BM, précédemment en service au Danemark. Ces appareils remplaceront les anciennes flotte de Mirage III et d’A-4AR Fightinghawk, rétablissant la capacité supersonique de l’aviation argentine. Les premières livraisons sont prévues pour décembre 2025, suivies d’autres en 2026, permettant à l’Argentine de réintégrer le cercle des nations opérant des avions multirôles occidentaux de quatrième génération.
Parallèlement, l’Armée de Terre argentine recevra un lot initial de huit véhicules blindés de transport de troupes Stryker M1126. Ces véhicules, équipés de supports pour mitrailleuses de calibre 12,7 mm et dotés de systèmes sophistiqués de mobilité, amélioreront sensiblement la capacité de déploiement rapide des forces argentines, tant sur le territoire national que dans le cadre d’opérations multinationales. Leur mise en service est prévue pour fin 2025 ou début 2026 et symbolise la transition de l’Argentine vers des plateformes militaires alignées sur les standards de l’OTAN.
Les entretiens ont également abordé des enjeux plus larges de sécurité régionale. Les deux responsables ont exprimé leur préoccupation face aux influences malveillantes dans l’hémisphère occidental, citant spécifiquement la progression des intérêts économiques et politiques de la Chine en Amérique du Sud. Le Département de la Défense américain a réaffirmé sa volonté de coopérer avec l’Argentine dans des domaines stratégiques tels que l’espace, la cybersécurité, la protection des minerais critiques et les opérations navales dans l’Atlantique Sud.
Le ministre argentin Luis Petri a insisté sur le fait que ces efforts de modernisation s’inscrivent dans la stratégie nationale de sécurité impulsée par le président Milei, qui vise à réintégrer l’Argentine dans le cadre occidental de défense et à renforcer sa capacité à contribuer aux missions de maintien de la paix et de lutte antiterroriste. Cette démarche traduit aussi la volonté de Buenos Aires de consolider sa souveraineté et de s’aligner avec ses alliés démocratiques pour faire face aux menaces globales.
Cette évolution des relations de défense entre les États-Unis et l’Argentine illustre un réajustement géopolitique conséquent. Au cours de la dernière décennie, l’Argentine avait multiplié ses partenariats militaires, mais rencontrait des difficultés pour acquérir des équipements occidentaux performants, en raison de contraintes budgétaires et d’hésitations politiques. La coopération actuelle témoigne d’un tournant, avec Washington reconnaissant Buenos Aires comme un partenaire régional fiable et de plus en plus capable. Les États-Unis perçoivent dans cette adoption d’équipements au standard OTAN un facteur de stabilisation du Cono Sur et un contrepoids aux influences extérieures en Amérique latine.
Cette annonce du 2 juillet 2025 représente l’un des jalons les plus significatifs dans la coopération militaire entre les deux pays depuis plusieurs décennies, repositionnant l’Argentine d’allié périphérique à partenaire stratégique clé en matière de sécurité dans l’hémisphère occidental. Avec le soutien durable des États-Unis, l’Argentine est désormais en mesure de restaurer son rôle de contributeur majeur à la stabilité régionale et de prendre part aux futures initiatives multinationales de défense.