Article de 761 mots ⏱️ 4 min de lecture

La Marine américaine a confirmé que le futur porte-avions USS John F. Kennedy (CVN-79) sera livré en mars 2027, soit avec un retard de deux ans par rapport à la date initialement prévue en juillet 2025. Ce report réduira temporairement la flotte de porte-avions à dix navires, le USS Nimitz (CVN-68), en service depuis 50 ans, devant être mis hors service en mai 2026.

Selon les documents budgétaires de la Marine pour l’exercice 2026, ce délai est lié aux travaux en cours sur deux technologies avancées spécifiques à la classe Ford : le Système de Détention Avancé (AAG) et les Élévateurs d’Armes Avancés (AWE). « La date de livraison du CVN-79 a été déplacée de juillet 2025 à mars 2027 (avec une approbation préliminaire à définir) afin de finaliser la certification du Système de Détention Avancé (AAG) et de poursuivre les travaux sur les Élévateurs d’Armes Avancés (AWE) », précisent les documents officiels.

La Marine envisage une acceptation anticipée du navire avant sa livraison formelle pour accélérer sa mise en service opérationnelle. « La Marine explore des possibilités d’acceptation préliminaire du navire avant sa livraison officielle et coordonne étroitement avec les différents acteurs afin d’assurer une transition la plus rapide possible vers les opérations en flotte et vers un porte-avions pleinement opérationnel », a déclaré un porte-parole.

Newport News Shipbuilding, la société responsable de la construction, a souligné les difficultés rencontrées pour intégrer les améliorations issues des enseignements tirés du navire amiral USS Gerald R. Ford (CVN-78) dans la construction du Kennedy. « En particulier, la construction du John F. Kennedy (CVN-79) était déjà bien avancée lorsque de nombreuses leçons du Ford ont été apprises, ce qui a empêché la mise en œuvre opportune de ces améliorations », a expliqué Todd Corillo, porte-parole de HII.

Les retards de construction du John F. Kennedy sont présents depuis le début du programme. En 2023, la date de livraison avait déjà été repoussée de juin 2024 à 2025 afin de permettre d’achever durant la construction des travaux habituellement réalisés après livraison.

L’USS Gerald R. Ford, premier navire de sa classe, a lui aussi rencontré des difficultés similaires, notamment avec l’intégration des 11 systèmes AWE, dont le dernier n’a été livré à la Marine qu’en 2021. Le système AAG a également rencontré des revers lors de son développement.

Initialement, la Marine prévoyait une livraison en deux phases pour le Kennedy, mais en 2020, elle a opté pour un modèle monofasique, allongeant de deux ans la durée des travaux. Cette décision a permis de livrer un navire pleinement équipé pour opérer le chasseur d’attaque conjoint F-35C et le nouveau radar de surveillance aérienne Enterprise, capacités qui devaient être ajoutées ultérieurement.

Les responsables espéraient que cette stratégie en deux phases réduirait les coûts globaux et éviterait la duplication entre la mise en service du Kennedy et la mise hors service du Nimitz. Toutefois, le Congrès a exigé que le navire soit entièrement prêt pour le F-35C avant la fin de la période post-livraison, contraignant la Marine à renoncer au plan en deux étapes.

En avril, la Marine avait estimé la livraison du Kennedy en 2026 lors de son rapport au Congrès. Les documents budgétaires révisés pour 2026 confirment désormais la nouvelle échéance avancée pour 2027.

Parallèlement, le programme du prochain porte-avions de la série Ford, l’USS Enterprise (CVN-80), est également affecté par des retards, avec une livraison désormais prévue en juillet 2030 au lieu de septembre 2029. « La date de livraison du CVN-80 a été repoussée de septembre 2029 à juillet 2030 en raison de retards dans la disponibilité des matériaux et des performances de l’industrie et de la chaîne d’approvisionnement », expliquent les documents officiels.

Le porte-parole a souligné les difficultés actuelles rencontrées dans la chaîne d’approvisionnement du Enterprise : « Le calendrier du CVN-80 continue d’être impacté par des livraisons tardives de matériaux critiques pour la séquence de construction. Les retards, estimés entre 18 et 26 mois dans le cadre de la Revue de Construction Navale des 45 Jours de 2024, ont été portés à 28 mois, ce qui met en péril la construction globale du navire. La Marine collabore étroitement avec le constructeur naval pour améliorer ces projections ».