Le Comité du renseignement et de la sécurité du Parlement britannique alerte sur le fait que l’Iran constitue une menace “large, persistante et imprévisible” pour le Royaume-Uni, ses ressortissants et ses intérêts, selon un rapport publié aujourd’hui. Cette analyse s’appuie sur des informations recueillies entre août 2021 et août 2023.
L’enquête met en lumière les différentes formes d’activités étatiques iraniennes, allant des tentatives d’assassinats aux opérations cybernétiques, en passant par l’espionnage et la désinformation. Le président du Comité, Lord Beamish, souligne que les services de renseignement iraniens sont “exceptionnellement bien dotés en ressources, avec des capacités asymétriques majeures”. Il précise que Téhéran s’appuie sur des proxys tels que “des réseaux criminels, des organisations militantes et terroristes, ainsi que des acteurs privés du cyberespace”, pour frapper ses adversaires tout en conservant une dénégation plausible.
Le rapport documente également une “augmentation nette de la menace physique pesant sur les dissidents et autres opposants au régime résidant au Royaume-Uni”, ainsi que des “menaces importantes d’espionnage iranien susceptibles de préparer des actions létales futures”.
Par ailleurs, le Comité déplore que la réponse gouvernementale se soit focalisée de manière trop étroite sur le programme nucléaire iranien, au détriment d’une stratégie plus large et durable. Selon le rapport, “la gestion en mode pompier a empêché le gouvernement de développer une véritable connaissance de l’Iran, en raison d’un manque d’expertise spécifique au dossier iranien au sein de l’État”.
Le rapport critique des structures de gouvernance “trop complexes” et met en garde contre “un excès de discussion au détriment de l’action”. Il appelle à une planification sur le long terme, à une stabilité des ressources et à un renforcement de la dissuasion dans le cyberespace, notamment en “augmentant le coût pour l’Iran en cas d’attaque cybernétique contre le Royaume-Uni”.
Bien que des progrès aient été réalisés depuis les recommandations classifiées émises en avril 2024, notamment avec l’inscription de l’Iran au niveau renforcé du régime d’enregistrement des influences étrangères et une nouvelle capacité à proscrire des groupes soutenus par l’État comme le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), le Comité souligne que “des lacunes subsistent”. Il accuse en particulier les ministres d’avoir fait “marche arrière” sur les promesses de réforme de la Loi sur les secrets officiels de 1989.
Le rapport ne prend pas en compte les événements postérieurs à août 2023, tels que les attaques du Hamas le 7 octobre ou les frappes qui ont suivi en Iran, mais insiste sur le fait que les conclusions “restent pleinement pertinentes” et offrent un “contexte essentiel” pour comprendre la menace iranienne en constante évolution.
Lord Beamish conclut : “L’Iran est présent sur l’ensemble du spectre des menaces qui doivent nous préoccuper… La menace pour la sécurité nationale liée à l’Iran nécessite une vision à plus long terme, et le financement doit être en adéquation avec cette menace.”