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Le programme emblématique du ministère britannique de la Défense (MoD) autour du chasseur furtif F-35 rencontre d’importantes insuffisances opérationnelles et financières, révèle un récent rapport du National Audit Office (NAO).

Malgré les capacités avancées de l’appareil et les retombées économiques significatives, la flotte britannique de F-35 enregistre un nombre d’heures de vol inférieur aux attentes. Cette situation est principalement due à une disponibilité réduite, à des carences en ingénierie et à des retards dans l’intégration des armements.

Le MoD a reçu à ce jour 38 F-35B, dont 37 sont actuellement en service, dans le cadre d’un engagement de long terme portant sur 138 appareils. Cependant, la pleine capacité opérationnelle, initialement prévue plus tôt, est désormais repoussée à fin 2025, soit deux ans de retard, et demeure marquée par « plusieurs écarts par rapport aux exigences initiales ».

Le NAO souligne que « les bénéfices en termes de capacités ne sont pas pleinement réalisés en raison des retards, des lacunes infrastructurelles et du déficit de personnel ». Il s’inquiète également de la gestion des pièces détachées, du personnel ingénieur et de la performance globale de l’avion au sein du programme international piloté par le Joint Program Office basé aux États-Unis.

Le coût total de possession déclaré par le ministère pour le programme F-35 s’élève à 18,76 milliards de livres, sur la base des 48 premiers appareils. Pourtant, le NAO estime que la dépense réelle, couvrant la flotte complète de 138 avions attendus en service jusqu’en 2069, avoisine les 71 milliards de livres. Ce montant inclut les coûts relatifs au personnel, au carburant, aux infrastructures, à la formation et autres frais annexes absents des chiffres officiels.

Malgré ces insuffisances, le rapport met en avant les retombées économiques liées à l’implication précoce du Royaume-Uni. L’industrie britannique produit environ 15 % de la valeur totale des F-35 construits dans le monde, alors que le pays ne représente qu’un peu moins de 5 % des achats de la flotte globale. Cette participation industrielle a généré environ 22 milliards de livres de contrats pour les entreprises britanniques.

Le rapport recommande une réforme structurelle du ministère de la Défense pour remédier aux inefficacités chroniques de gestion, notamment les rotations trop rapides du personnel, la responsabilité peu claire des acteurs et un manque de souplesse financière. Il préconise la mise en place d’une évaluation complète, actualisée et validée de manière indépendante du coût global du programme, assortie d’un cadre rigoureux de mesure de la performance opérationnelle.

Le directeur du NAO, Gareth Davies, conclut : « Le programme F-35 offre une capacité nettement améliorée et d’importants bénéfices économiques pour le Royaume-Uni. Cependant, ces bénéfices ne sont pas entièrement réalisés en raison des retards, des insuffisances infrastructurelles et des pénuries de personnel ».

« Le ministère de la Défense doit désormais décider où concentrer ses ressources afin d’améliorer les capacités, de manière à maximiser les avantages complets du programme F-35 pour le Royaume-Uni ».