Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, a annoncé sur le réseau social X, le jeudi 10 juillet 2025, le retrait anticipé des quatre hélicoptères de transport d’assaut NH-90 TTH de NH-Industries appartenant au Composant Air et Espace. Ces appareils seront retirés du service dès septembre, quelques mois avant l’arrivée du premier hélicoptère de remplacement au sein des unités. Ainsi, la Belgique se retrouvera sans un seul hélicoptère de transport d’assaut jusqu’à la fin de l’année 2025 et une partie de 2026. La version maritime NH-90 NFH reste quant à elle en service.
Le ministre a communiqué cette décision de manière directe sur ce réseau social américain : « Les 4 hélicoptères NH90 TTH seront retirés du service à partir de septembre. Mauvais achat. Extrêmement coûteux en entretien. Remplacement en 2026 ». Cette annonce était accompagnée d’un émoticône en forme d’hélicoptère. Ce retrait laisse donc le Composant Air et Espace sans hélicoptères de transport d’assaut, ce qui peut paraître surprenant pour un ministre de la Défense, au vu du contexte européen actuel, avec une menace aussi sérieuse que la Russie à proximité.
Il semble loin le temps où la Belgique avait réceptionné son premier NH-90, ou quelques semaines plus tard, son NH-90 numéro 200 assemblé. Malgré une flotte réduite, la Belgique a su déployer ces hélicoptères hors de ses frontières : en 2018, ses équipages ont opéré au Mali, saluant la polyvalence et la puissance de l’appareil.
Aujourd’hui, le NH-90 TTH figure sur la « liste noire » de la Défense belge. Son successeur a déjà été choisi : il s’agira de l’excellent Airbus Helicopters H145M, un appareil beaucoup plus compact, voire nettement plus petit. Ce nouvel hélicoptère doit aussi remplacer les dix Agusta A-109BA Hirundo, désormais totalement dépassés.
Le sort des quatre NH-90 NFH belges est bien différent. Ils seront bientôt retournés à Airbus Helicopters pour y retirer leur équipement de sauvetage et de recherche, puis modifiés pour devenir des hélicoptères de guerre antisubmarines. Bruxelles considère ces NH-90 comme trop coûteux à exploiter pour des missions de recherche et sauvetage (SAR), malgré leur parfaite adaptation à ce rôle, comme en témoignent les utilisations quasi quotidiennes de ces hélicoptères par la France, l’Italie et les Pays-Bas. Le Composant Air et Espace doit prochainement sélectionner son futur hélicoptère SAR dans le cadre du programme STAR (Security / Service Technology Ambition Resilience). Des rumeurs indiquent que le ministre Francken pourrait privilégier un achat américain plutôt qu’européen, en dépit des offres d’Airbus et Leonardo.
Le sort des quatre NH-90 TTH belges à partir de septembre 2025 reste encore incertain. Il est probable qu’ils soient mis en vente, puisque ces hélicoptères auront à peine une dizaine d’années de service actif. Reste à savoir quel pays ou opérateur saura s’en porter acquéreur.
Arnaud