Un missile balistique iranien a frappé et gravement endommagé un site de communications sur la base aérienne d’Al Udeid, au Qatar, le mois dernier lors d’une riposte iranienne, a confirmé ce jour le Pentagone.
C’est la première fois que le Département de la Défense américain reconnaît des dégâts sur cette base lors de l’attaque du 23 juin. L’Iran avait lancé plusieurs missiles balistiques contre la base américaine à Al Udeid en représailles à une frappe américaine menée deux jours plus tôt par des bombardiers B-2 sur trois sites nucléaires iraniens.
Dans une déclaration, le porte-parole du Pentagone Sean Parnell a précisé que le missile avait « causé des dommages minimes aux équipements et aux structures de la base » et qu’aucune blessure n’avait été signalée. Les autres missiles ont été interceptés en vol par les systèmes de défense antiaérienne américains et qataris.
« La base aérienne d’Al Udeid reste pleinement opérationnelle et capable de remplir sa mission, en coopération avec nos partenaires qataris, afin d’assurer la sécurité et la stabilité dans la région », a ajouté Sean Parnell.
Dans les jours qui ont suivi l’attaque, un responsable de la Défense avait indiqué que l’armée américaine avait « réussi à repousser l’attaque » et confirmé l’absence de blessés. Des images spectaculaires en provenance du Qatar montraient des intercepteurs antiaériens détruisant plusieurs missiles en plein vol.
Les dégâts ont été mis en évidence grâce à des images de satellites commerciaux. Le média iranien Iran International a été le premier à rapporter ces images montrant l’étendue des dommages. Les photos avant et après l’attaque révèlent la destruction d’un dôme abritant une antenne au centre de la base, avec des traces de brûlure sombre à l’emplacement de la structure.
Ce dôme correspondait à un terminal de modernisation d’entreprise (MET), un centre de communications équipé de systèmes anti-brouillage destinés à renforcer les transmissions vidéo et audio. Installé à la base en 2016, il avait coûté 15 millions de dollars, selon l’US Air Force.
Le 21 juin, plusieurs bombardiers B-2 de l’US Air Force avaient frappé trois sites iraniens situés à Fordow, Isfahan et Natanz, avec le soutien de missiles tirés par des navires de la marine américaine. L’opération, baptisée Midnight Hammer, visait les infrastructures d’enrichissement nucléaire iraniennes. Les B-2 avaient largué 14 bombes GBU-57, conçues pour percer les bunkers, dont sur l’installation souterraine de Fordow.
Deux jours plus tard, l’Iran lançait son attaque de représailles contre la base d’Al Udeid. Les batteries de missiles Patriot américaines et qataries ont intercepté la majeure partie des projectiles. À l’époque, le président Donald Trump avait déclaré que l’Iran avait fourni une « alerte préalable » concernant l’attaque.
Les déclarations initiales évoquant la destruction totale des trois sites nucléaires ont depuis été nuancées par l’armée américaine, qui maintient toutefois que l’opération a été un succès. Début juin, Sean Parnell avait indiqué que les rapports de renseignement estimaient que l’opération Midnight Hammer avait « retardé le programme iranien d’un à deux ans ». De son côté, la Defense Threat Reduction Agency attend toujours une évaluation complète des dégâts causés par les bombardements.