La Première Armée se positionne en première ligne dans la lutte contre les systèmes d’aéronefs sans pilote (UAS) en coopération étroite avec la Réserve et la Garde Nationale. Face à la montée des menaces liées aux drones militaires et commerciaux, ces forces s’unissent pour doter les soldats des composantes 2 et 3 des compétences et équipements essentiels à leur réussite sur un champ de bataille en constante évolution.
Basée à Fort Bliss, Texas, la Première Armée a assumé un rôle central dans le contre-terrorisme aérien par drone. Elle collabore activement avec les unités de la Réserve de l’Armée de Terre et de la Garde Nationale afin d’assurer que les soldats aient les outils et les savoir-faire adaptés à cet enjeu stratégique.
« La capacité à neutraliser ces menaces est une mission que la Première Armée prend très au sérieux », a déclaré le colonel Douglas Serie, commandant de la 5e brigade blindée.
« En tant que Centre d’excellence pour la lutte contre les systèmes d’aéronefs sans pilote, nous sommes à la pointe pour développer, valider et fournir des formations les plus actuelles et efficaces », a-t-il précisé. « Nous façonnons la doctrine, influençons les achats de matériel et veillons à ce que les forces disposent non seulement du bon équipement, mais aussi de la bonne mentalité et des tactiques adaptées pour contrer les menaces par drone. »
Le succès de cette mission repose sur une coopération étroite et régulière avec les unités partenaires, a ajouté le major Jason Sierakowski, officier exécutif du 2-289 Field Artillery. « Nous formons d’abord les officiers de combat de la Première Armée au sein de la brigade, puis nous entraînons les unités associées des composantes 2 et 3. »
Selon Sierakowski, cette mission a connu une évolution constante.
« En 2019, nous avons mobilisé la première batterie dédiée au contre-UAS pour la composante 2 », s’est-il rappelé. « En 2020, nous avons mobilisé la première unité sans aucun équipement spécialisé. »
La progression est notable, d’autant que la mission devient plus complexe et stratégique.
« Le point clé est de mettre en place une stratégie d’entraînement uniforme et solide », explique-t-il. « De nouveaux outils et techniques apparaissent sans cesse, il faut donc les intégrer constamment. La grande réussite a été l’évolution de notre chronologie de formation. »
Par ailleurs, de nombreux soldats entraînés sortent de leur domaine habituel d’expertise.
« La courbe d’apprentissage est très particulière car ces soldats peuvent provenir de n’importe quelle spécialité militaire », indique Sierakowski. « Ils peuvent être mécaniciens, agents de la police militaire, ou autres, mais désormais on leur demande de quitter leur rôle pour se consacrer au contre-UAS et travailler dans un centre de défense de base. Ils repartent donc de zéro avec une learning curve très rapide. »
Mais ils s’adaptent rapidement et progressent dans leur mission. « Au fil des répétitions, ils deviennent rapidement des experts, surtout lorsqu’ils sont déployés sur ces systèmes, ce qui les améliore naturellement. »
Dans le même temps, la Première Armée poursuit l’adaptation et le perfectionnement de son rôle et mission contre les UAS.
« La Première Armée est devenue à la fois très évolutive et révolutionnaire ces deux à trois dernières années », souligne Sierakowski. « Division Est développe et acquiert différents types de drones, notamment via l’impression 3D. Le soutien de la hiérarchie est très positif, et la question est : comment soutenir les officiers de combat au niveau bataillon ? »
Cette réussite est d’autant plus cruciale sur le terrain, car la menace drone ne cesse de croître.
« Ce n’est plus une théorie. C’est réel, persistant et en rapide évolution », prévient Serie. « Certains adversaires emploient des drones commerciaux et militaires pour collecter du renseignement, perturber nos opérations et même mener des frappes. La formation au contre-UAS est essentielle pour maintenir une avance sur cette menace. »
C’est là que le travail continu avec les unités de la Réserve porte ses fruits.
« C’est un effort collectif autour d’un partenariat solide », explique Serie. « Nos partenaires se préparent dès avant leur arrivée à Fort Bliss, après leur mobilisation, sur la structuration de leurs équipes et formations. Ainsi, lorsqu’ils rejoignent le centre d’excellence, ils peuvent directement démarrer la formation. »
Dans l’entraînement proposé, la reproduction de menaces drones réalistes permet aux soldats d’affronter en formation les défis qu’ils rencontreront en opérations. « Il ne s’agit pas seulement de savoir appuyer sur des boutons, mais de comprendre l’environnement de la menace, les règles d’engagement et comment intégrer le contre-UAS dans une défense en couches. »
La menace évolue rapidement en raison de la disponibilité large des drones, utilisés de diverses manières.
« Ce sont des systèmes que l’on peut acheter sur Amazon et utiliser », illustre Serie. « On peut les utiliser pour l’observation, le renseignement, ou pour perturber une opération simplement en les faisant voler. Quelle information contiennent-ils à bord ? Sont-ils porteurs d’effets cinétiques ? »
Le centre d’excellence fait plus que réagir à cette menace, il forme aussi à la dissuasion, au refus et à la neutralisation préventive.
« Les menaces UAS évoluent chaque mois, parfois plus rapidement », précise Serie. « Notre formation doit donc évoluer constamment. Nous améliorons sans cesse notre programme en fonction des tendances, des retours du terrain, et des enseignements des théâtres de combat. Être un centre d’excellence ne signifie pas avoir toutes les réponses, mais savoir poser les bonnes questions et garder une approche agile de la formation. »
La portée de ce travail est critique. « C’est l’avenir de la guerre et si nous ne réussissons pas rapidement, ce sont les soldats qui en paieront le prix. »
Cette approche méticuleuse porte ses fruits : « Nous avons formé des milliers de combattants, de l’escouade d’infanterie aux états-majors de brigade, pour détecter, suivre et neutraliser les menaces UAS. Les unités formées repartent déployées avec confiance et un protocole éprouvé pour gérer ces menaces. »