Le dernier porte-avions encore en service de la Russie, l’Admiral Kuznetsov, est menacé de retrait du service après sept années de réparations infructueuses et de problèmes structurels croissants, selon des rapports issus des médias d’État russes et indépendants.
Cette décision ferait de Moscou le seul membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU à ne pas disposer d’un porte-avions opérationnel, illustrant ainsi le déclin de sa puissance navale conventionnelle.
Ce navire de 58 000 tonnes est amarré à Mourmansk depuis 2017 et a été victime de plusieurs incendies, d’accidents en cale sèche, d’allégations de corruption, ainsi que de retards répétés dans sa modernisation. D’après Izvestia, les travaux ont désormais été complètement suspendus. Les officiers supérieurs de la marine doivent prochainement confirmer si le navire sera démantelé dans les semaines à venir.
Mis en service à l’époque de la Marine soviétique, l’Kuznetsov devait inaugurer une classe entière de porte-avions. Son navire jumeau est devenu le premier porte-avions chinois, le Liaoning, tandis que la Russie n’a conservé que l’original. Le sous-investissement chronique de la Russie dans la doctrine des porte-avions et la construction navale a laissé le pays sans véritable plateforme d’aviation maritime opérationnelle.
Les déclarations publiques de l’amiral Sergei Avakyants, ancien commandant de la flotte russe du Pacifique, suggèrent un soutien institutionnel à la mise au rebut du navire. Il a qualifié les porte-avions classiques de coûteux et inefficaces dans les conflits modernes, estimant que les systèmes sans pilote et les plateformes robotiques représentent l’avenir. En 2024, l’équipage de l’Kuznetsov a été réaffecté au conflit en Ukraine, formant une unité terrestre opérant dans le secteur de Pokrovsk.
L’Kuznetsov fut autrefois un puissant symbole des ambitions maritimes russes. Avec un déplacement total proche de 59 000 tonnes et une vitesse maximale de 29 nœuds, il embarquait un groupe aérien mixte composé de chasseurs Su-33 et MiG-29K, d’hélicoptères Kamov et de moyens anti-sous-marins. Il disposait également de 12 missiles anti-navires longue portée P-700 Granit et d’un système de tremplin para-avions.
Contrairement aux porte-avions occidentaux propulsés par turbines à gaz ou nucléaire, il fonctionnait au mazout, générant souvent un épais panache de fumée noire, symbole visuel de son design vieillissant et de ses difficultés opérationnelles.