L’Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA) indien, un chasseur furtif de génération 5.5 essentiel à la modernisation de l’Indian Air Force (IAF), nécessite un moteur de nouvelle génération capable d’assurer ses ambitions en termes de performances. Le Gas Turbine Research Establishment (GTRE), rattaché à l’organisme Defence Research and Development Organisation (DRDO), étudie actuellement des propositions de co-développement d’un moteur d’une poussée comprise entre 110 et 130 kN, soumises par le français Safran et le britannique Rolls-Royce, pour équiper la version Mk2 de l’AMCA.
Selon plusieurs médias indiens, l’offre de Safran repose sur une version dérivée du moteur M88, déjà utilisé sur le chasseur Rafale. Cette proposition s’appuierait sur les engagements d’offset liés au contrat Rafale tout en évoquant la possible relance du programme de moteur indigène Kaveri. Toutefois, le M88, dont l’architecture remonte à la génération précédente, soulève des interrogations quant à sa capacité à répondre aux exigences futuristes du programme AMCA. De plus, la conservation par Safran des droits de propriété intellectuelle (IPR) sur cette technologie est perçue comme un frein potentiel à l’autonomie stratégique de l’Inde.
À l’inverse, la proposition de Rolls-Royce porte sur un turbofan conçu ex nihilo, offrant une poussée élevée et une pleine propriété des droits intellectuels. Ce moteur, non limité aux seules applications aéronautiques militaires, représenterait un atout majeur en termes d’indépendance technologique et d’exploitation future. Cette approche offrirait à l’Inde des bénéfices stratégiques à long terme, justifiant ainsi que le GTRE privilégie la collaboration avec Rolls-Royce plutôt qu’avec Safran.
Le choix du moteur pour l’AMCA traduit donc un enjeu crucial entre maintien de capacités indigènes, souveraineté technologique et performances opérationnelles optimales pour les forces aériennes indiennes.