Lockheed Martin a livré le premier ensemble d’antennes radar AN/SPY-7(V)1 destiné au nouveau programme de navires équipés du système Aegis (ASEV) du Japon, marquant une avancée majeure dans l’effort de Tokyo pour renforcer ses capacités de défense contre les missiles balistiques.
Cette livraison comprend quatre antennes, fournies par l’intermédiaire de Mitsubishi Corporation dans le cadre d’une vente commerciale directe, après des tests approfondis réalisés au sein des installations de Lockheed Martin à Moorestown, dans le New Jersey.
Le programme ASEV, supervisé par le ministère de la Défense japonais (JMOD), prévoit la construction de deux grands destroyers dotés du radar SPY-7. Ce capteur à semi-conducteurs est conçu pour détecter et engager des menaces aériennes et balistiques avancées. Les deux navires devraient entrer en service lors des exercices fiscaux japonais de 2027 et 2028.
Chandra Marshall, vice-présidente en charge des solutions de combat multi-domaines chez Lockheed Martin, a déclaré que cette étape « illustre la maturité et la modularité du radar SPY-7 » et témoigne de la capacité de l’entreprise à intégrer et tester des systèmes complexes avant la livraison finale. Les quatre antennes resteront aux États-Unis jusqu’en 2025, le temps d’achever l’intégration complète du système et d’effectuer des évaluations complémentaires avant leur expédition vers le Japon.
Le radar AN/SPY-7(V)1 est la version export du capteur de nouvelle génération d’Aegis développé par Lockheed Martin. Il a déjà été retenu pour plusieurs plateformes internationales, notamment les futurs destroyers de la classe River du Canada et les frégates F-110 d’Espagne. Une version terrestre est également déployée par l’Agence américaine de défense antimissile sur l’île de Guam, dans le cadre de la configuration TPY-6.
L’adoption du SPY-7 par le Japon fait suite à l’abandon en 2020 du projet Aegis Ashore, un système de défense antimissile basé à terre. Le concept ASEV reprend cette capacité en l’adaptant à une plateforme maritime, avec le choix du JMOD de construire de grands navires lourdement armés, capables d’assurer une surveillance prolongée et d’engager des missiles balistiques en mer.