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Fin mai, le Corps des Marines des États-Unis a publié une directive concernant le port des équipements de protection individuelle (EPI), limitant leur usage aux seuls matériels fournis et validés, ayant passé des tests rigoureux et figurant sur des listes d’agrément officielles. Cette nouvelle politique interdit donc l’utilisation de protections achetées à titre privé ou de matériel commercial standard, sauf si ceux-ci sont expressément approuvés selon les listes détaillées dans le message officiel.

Équipement de protection individuelle Marines US

Message officiel MARADMIN 237/25
Le 20 mai 2025
Référence : MARADMIN 237/25
Sujet : Politique du Corps des Marines sur le port et l’achat de gilets pare-balles et équipements de protection individuelle (EPI)

Le Commandant du Corps des Marines définit par cette directive la politique applicable aux Marines et aux marins affectés aux unités USMC et aux commandements interarmées concernant le port et l’acquisition de gilets pare-balles et d’EPI. Ce MARADMIN remplace les directives précédentes référencées ci-dessous.

1. Définition et champs d’application des EPI
Les EPI comprennent l’armure corporelle approuvée, les casques, lunettes, gants, vêtements, et tous équipements conçus pour protéger le combattant des blessures au combat. Les matériels validés et les formations associées sont disponibles sur la plateforme officielle MCBOSS via le programme PMM-154.3 et la formation Marine Net #mcsppe0306 sur l’usage approprié des EPI.

2. Interdiction d’utilisation de matériel commercial non agréé
Les Marines et marins ne sont pas autorisés à employer des équipements commerciaux en remplacement des équipements gouvernementaux testés, validés et distribués officiellement. Les commandants ne peuvent pas utiliser de fonds unitaires pour acquérir du matériel commercial non approuvé par le Marine Corps Systems Command.

3. Protection oculaire
Les lunettes et protections balistiques autorisées figurent sur la liste officielle des équipements de protection oculaire (APEL) compatibles avec un porte-verre correcteur universel. Bien que le Corps continue de fournir un modèle standard de lunettes et de masque balistique, les unités peuvent acquérir d’autres modèles autorisés via la Defense Logistics Agency ou les commerces internes. La liste APEL est consultable en ligne.

4. Protection auditive
Tous les dispositifs auditifs de protection sont considérés comme des EPI. Le Corps distribue des dispositifs d’amélioration auditive (HED) et des dispositifs pour bruit élevé (HN-HED). Les commandants doivent garantir la conformité avec les procédures et configurations approuvées, en évaluant au moins deux fois par an l’efficacité et l’état de ces protections selon les standards définis par les programmes d’audiologie militaire. La protection vise à limiter l’exposition à des niveaux sonores dangereux selon les critères réglementaires, incluant des moyennes pondérées sur 8 heures ≥ 85 décibels, ou des pics d’impulsions ≥ 140 décibels.

5. Niveaux de protection des gilets pare-balles (APLS)
Une politique de standardisation des niveaux de protection a été établie, permettant aux commandants d’adapter la protection balistique aux menaces et aux missions. Chaque niveau supérieure offre une protection accrue, au prix d’un surpoids et d’une contrainte thermique plus grande, impactant la mobilité et la performance sur la durée.

Niveau Description
0 Pas d’armure portée
1 Gilet pare-balles Marine Corps avec armure souple seulement (protège contre pistolet et fragments)
2 Gilet avec armure souple et plaques dures avant et arrière (protège contre fusil et fragments)
3 Gilet avec armure souple, plaques dures avant, arrière et latérales (protège contre fusil et fragments)

Le retrait de l’armure souple compromet la protection balistique du système. L’armure souple doit toujours être portée avec les plaques rigides, sans quoi les risques de blessures graves ou mortelles sont significatifs. Deux variantes de plaques balistiques sont déployées dans la Force : ESAPI (Enhanced Small Arms Plate Insert) et LWP (Lightweight Plate), le choix étant à la discrétion du commandant en fonction de la menace.

6. Casques balistiques autorisés
Les casques agréés comprennent : le casque amélioré pour équipage de véhicule (ECVCH), le casque amélioré (ECH), le casque amélioré à bord haut (HC ECH) et le système intégré (IHS). Conçus pour une protection balistique et contre les impacts, ils sont composés d’une coque, d’un système de suspension avec coussins, d’une jugulaire et d’accessoires (supports pour vision nocturne, rails). Les coussins et vis doivent être ceux d’origine pour maintenir la protection. Le remplacement par du matériel commercial est interdit. La formation initiale au port et entretien des casques est obligatoire.

7. Équipements divers
Les gilets de sauvetage et dispositifs de flottaison autorisés par la Marine pour la plongée ne sont pas homologués comme protection balistique sans certification spécifique par Marine Corps Systems Command. Toute demande de certification suit le processus officiel des besoins universels.
Les accessoires de protection supplémentaires comme les protections pour l’aine, le cou et la gorge peuvent être portés selon la mission, la menace et les conditions locales.

8. Restrictions spécifiques
Les casques légers et les gilets pare-balles de niveau 3 référencés pour le stocklist-3 ne sont autorisés que pour les unités d’entraînement. Les échantillons de matériel balistique commercial ne peuvent être utilisés qu’avec l’accord et sous supervision du Marine Corps Systems Command.

9. Autorités décisionnelles
Les commandants à partir du grade lieutenant-colonel ont la responsabilité de définir le niveau d’EPI requis pour leurs unités en fonction de la mission, du type d’unité, de la menace et du contexte environnemental.
Les commandants des forces opératives jointes, des forces interarmées ou des composantes de service peuvent imposer des niveaux de protection plus stricts que ceux décidés par les commandants de Marines, la règle étant d’adopter le niveau de protection le plus élevé.
Les forces spéciales MARSOC peuvent, sous conditions et approbation, porter des équipements spécifiques approuvés pour les opérations commandos.
Enfin, les commandants d’installations Marines peuvent utiliser des fonds officiels pour acheter des équipements commerciaux pour les unités de police militaire travaillant sur leurs bases, à condition que ces matériels respectent au minimum la norme NIJ niveau RF2. Ces équipements ne sont pas destinés à être utilisés en opérations extérieures.

10. Support logistique
Les unités ne recevant pas de soutien matériel de classe II doivent adresser leurs demandes auprès du département logistique principal.

Cette directive a été autorisée par le Major Général J. L. Morris, Assistant Deputy Commandant for Plans, Policies, and Operations.