Le 17 juillet, une photographie a fait surface montrant un drone de reconnaissance russe se posant en territoire contrôlé par les forces ukrainiennes. L’élément le plus singulier ? Cet aéronef sans pilote est équipé de panneaux solaires servant à sa recharge, ce qui révèle une approche inédite pour la surveillance prolongée en territoire ennemi.
Il semblerait qu’il s’agisse d’un drone artisanal ou modifié, probablement doté d’un panneau solaire ajouté pour l’alimentation. Sa conception combine quatre rotors et une structure réalisée en matériaux légers, tels que le plastique ou le bois. L’appareil est difficile à identifier en raison de son caractère non standard. Il pourrait s’agir soit d’un prototype, soit d’un projet amateur visant à prolonger le temps de vol grâce à l’énergie solaire.
Le conflit en Ukraine est devenu un terrain d’innovation technologique, notamment dans le domaine des drones, où l’énergie solaire trouve des applications ingénieuses. Russes et Ukrainiens intègrent des panneaux solaires à leurs systèmes télépilotés afin d’améliorer leur autonomie et leur efficacité en conditions de combat.
Les forces russes adaptent ainsi leurs drones FPV (First Person View) utilisés pour le combat et la reconnaissance en y ajoutant des panneaux solaires légers. Ces derniers, souvent des modèles commerciaux comme ceux de 5 watts fournis par Voltaic Systems, pèsent moins d’un demi-kilo et coûtent moins de 50 dollars. Bien qu’ils ne puissent pas alimenter les drones en vol – les besoins en énergie atteignant environ 100 watts –, ils permettent de recharger la batterie au sol. Cette méthode augmente l’endurance opérationnelle des drones en réduisant leur dépendance aux sources d’énergie classiques.
Les ingénieurs russes installent ces panneaux pour augmenter l’autonomie des drones FPV. Les panneaux ne fournissent pas d’énergie aux moteurs en vol, mais assurent une charge continue des batteries lorsque l’appareil est stationnaire. Ainsi, le drone peut rester en veille avec ses caméras et émetteurs actifs sans recourir à une source extérieure.
De plus, l’objectif russe est de diminuer la pression logistique : les panneaux solaires permettent une recharge dans des zones dépourvues de positions sécurisées ou de générateurs électriques. Toute cachette naturelle – arbre, pont, bâtiment – peut devenir une station de recharge. Un drone équipé de ces panneaux peut donc opérer plus longtemps en territoire ennemi tout en minimisant les risques de détection.
Pour pallier le déficit énergétique, la Russie utilise des panneaux commerciaux simples, tels que les 5 watts de Voltaic Systems, pour rendre ses drones FPV partiellement autonomes. Ces panneaux génèrent entre 20 et 45 wattheures par jour, une quantité suffisante pour maintenir les systèmes de navigation et la transmission vidéo tout au long de la journée.
Cette tactique confère un avantage notable aux unités de reconnaissance russes. Ces drones peuvent attendre des heures en embuscade, immobiles, puis décoller seulement lorsqu’une cible est détectée. Ainsi, le drone solaire ne sert pas uniquement à la surveillance, mais s’intègre dans une stratégie connectée d’attaque ou de réaction en temps réel.
De leur côté, les forces ukrainiennes exploitent l’énergie solaire différemment. Plutôt que de monter des panneaux sur leurs drones, elles utilisent des stations de lancement camouflées, imitant des bâtiments civils pour passer inaperçues. Ces stations sont équipées de panneaux solaires en toiture, qui alimentent probablement les systèmes internes ou rechargent les batteries des drones. Elles abritent drones, chargeurs et équipements, constituant ainsi des bases auto-suffisantes.
Ce recours à l’énergie solaire illustre l’ingéniosité des deux camps qui adaptent des technologies durables à des usages tactiques. Ces innovations augmentent l’efficacité des drones et laissent entrevoir un avenir où les sources renouvelables pourraient jouer un rôle clé dans la technologie militaire.
Les panneaux solaires génèrent quotidiennement entre 15 et 45 wattheures selon les conditions. Les drones consomment environ 7 wattheures par jour au sol, et 5 watts pour alimenter la caméra et l’émetteur en veille. Ces appareils fonctionnent en quelque sorte comme des “sentinelles CCTV” durant la journée, exploitant l’énergie solaire pour entretenir leurs systèmes vidéo et de transmission, et mobilisant l’énergie stockée uniquement lorsqu’une cible est repérée, ce qui les rend parfaitement adaptés aux embuscades.
Les stations de lancement ukrainiennes permettent la recharge des drones et leur préparation au décollage sans trahir leur emplacement. Leur toit peut s’ouvrir grâce à un système motorisé pour libérer les appareils. Les panneaux solaires présents alimentent vraisemblablement la recharge des batteries et les systèmes embarqués, même si les données précises sur leur puissance ou leur rendement font défaut.
Un drone équipé de panneaux solaires peut, sous certaines conditions, se recharger entièrement sur le champ de bataille. En mode stationnaire, il utilise la lumière du soleil pour recharger sa batterie suffisamment afin d’alimenter les systèmes essentiels tels que la surveillance vidéo, la synchronisation GPS et la transmission de données. Cette autonomie est rendue possible par la faible consommation énergétique du drone en veille.
En mode embuscade, le drone n’active pas ses moteurs et n’émet pas de chaleur, ce qui complique sa détection visuelle ou infrarouge. Simultanément, ses panneaux accumulent l’énergie requise pour un vol bref mais crucial. Une fois la mission déclenchée par l’opérateur, l’appareil peut décoller et accomplir sa tâche, transformant ainsi le champ de bataille en station de recharge mobile, fiable, économique et difficile à neutraliser.
Un drone solaire moderne n’est plus seulement un véhicule aérien, mais une plateforme de reconnaissance autonome. Déployé dans une zone adaptée, il peut rester actif plusieurs jours sans maintenance ni recharge manuelle, agissant comme une “caméra sentinelle aérienne” — surveillant, rapportant et attendant l’ordre d’intervention.
Cette fonction d’auto-recharge réduit les contacts fréquents avec les opérateurs et permet de maintenir l’activité du drone même dans des zones où les communications sont perturbées par la guerre électronique. De ce fait, les drones solaires ne sont plus une expérimentation, mais une réponse pragmatique aux exigences de la guerre moderne.
Ces avancées démontrent que le drone solaire constitue désormais une arme tactique concrète. Le drone russe photographié n’est d’ailleurs pas une première dans le conflit ukrainien. Les premières observations de drones FPV russes équipés de panneaux solaires remontent au 30 juin 2025 dans la région de Kherson, où les forces ukrainiennes les ont découverts cachés sous des ponts en vue d’embuscades. Parallèlement, lors de l’opération “Web” du 1er juin 2025, les Ukrainiens ont utilisé des stations de lancement similaires quand 117 drones ont frappé des bases aériennes russes profondément en territoire ennemi.