Lors de la conférence LANDEURO 2025 à Wiesbaden, les experts ont souligné que la force d’une défense ne repose pas uniquement sur la quantité d’armes en stock, mais aussi sur la capacité à s’adapter rapidement et à produire ce qui est nécessaire. L’accent a été mis sur l’importance d’élargir la production au sein de l’OTAN afin de sécuriser les chaînes d’approvisionnement mondiales, d’améliorer l’interopérabilité et de renforcer la flexibilité stratégique.

Les discussions se sont appuyées sur les enseignements du conflit en cours en Ukraine, où la continuité des approvisionnements en munitions et la capacité à réparer et remplacer rapidement le matériel se sont avérées essentielles. Les intervenants ont insisté sur la notion de « profondeur des munitions » – c’est-à-dire la nécessité de maintenir des réserves suffisantes – ainsi que sur la production collaborative de munitions, de pièces de réparation et de systèmes d’armes complets.

Ils ont souligné que le maintien de la disponibilité opérationnelle exige une approche globale, intégrant non seulement les systèmes d’armes et les munitions, mais aussi une infrastructure de soutien robuste. Cela implique de garantir la disponibilité immédiate de pièces détachées, de sous-ensembles et de composants critiques. Les experts ont unanimement convenu que les capacités et les compétences du complexe industriel de défense constituent le socle indispensable à cette profondeur des munitions, pilier essentiel pour dissuader les adversaires et remporter des conflits, tant au niveau régional que mondial.

Ils ont également fait valoir que les conditions économiques et géopolitiques actuelles offrent une opportunité sans précédent pour développer, étendre et faire évoluer ce complexe industriel, créant ainsi une dynamique irréversible pour la sécurité future.

Le général (réserviste) Edward Daly, ancien de l’armée américaine, a partagé sa vision du complexe industriel de défense en 2030. Il l’a décrit comme un écosystème moderne, réactif à l’échelle mondiale, interopérable, capable de produire à grande échelle des capacités et des produits technologiquement avancés, au service à la fois du secteur commercial et militaire.

Le lieutenant-général Miles Brown, commandant adjoint de l’U.S. Army Futures Command, a présenté les objectifs centraux de l’Initiative de Transformation de l’Armée (ATI) ainsi que la consolidation prochaine du Training and Doctrine Command et du Futures Command en un nouvel organisme : l’Army Transformation and Training Command.

Il a précisé : « Il ne s’agit pas simplement de réunir la famille, mais de bâtir un commandement du XXIe siècle – centré sur les données, collaboratif, rationnel, agile et adaptable. L’objectif de l’ATI est de saisir l’opportunité présente, grâce à la volonté nationale et à l’engagement vers l’excellence, pour agir rapidement, sans passer des années en études préliminaires. »

Selon lui, l’ATI vise à transformer en profondeur le fonctionnement de l’armée, en mettant l’accent sur la rapidité et l’innovation.

En conclusion, les intervenants ont unanimement affirmé qu’un complexe industriel de défense modernisé et souple, associé à une structure de commandement rationalisée et innovante, est indispensable pour garantir la préparation de l’OTAN face à des conflits prolongés et aux menaces sécuritaires mondiales en constante évolution. Ils insistent sur le fait que les investissements dans ces domaines fourniront un avantage stratégique déterminant pour l’arsenal futur de l’alliance.