Les États-Unis ont utilisé près d’un quart de leurs intercepteurs antimissiles THAAD les plus avancés lors du conflit de 12 jours entre Israël et l’Iran. Cette consommation importante de munitions coûteuses illustre le prix élevé de la défense aérienne dans les récents affrontements.

Lors des combats de juin, au cours desquels l’Iran et Israël ont échangé d’importants barrages de missiles et frappes aériennes, les États-Unis sont intervenus pour soutenir Israël en matière de défense aérienne. Pendant ces 12 jours, l’armée américaine a tiré plus de 150 intercepteurs du système Terminal High Altitude Area Defense (THAAD), selon le Wall Street Journal, qui cite des responsables de la défense. Ces intercepteurs, tirés depuis les systèmes THAAD, figurent parmi les armes les plus avancées de l’armée américaine pour contrer les missiles balistiques. Toujours selon le même journal, plusieurs intercepteurs ont aussi été tirés depuis des navires américains, notamment 80 missiles SM-3. Le rapport souligne la quantité limitée de ces munitions onéreuses et la rapidité avec laquelle elles peuvent s’épuiser dans un conflit à grande échelle.

Les États-Unis exploitent actuellement sept systèmes THAAD. Chacun est opéré par l’armée de terre américaine, bien qu’ils relèvent de l’Agence de défense antimissile (Missile Defense Agency). Cette agence précise que le budget militaire prévoit l’acquisition de 646 intercepteurs THAAD, bien que tous n’aient pas encore été livrés.

Le premier système THAAD a été déployé en Israël en octobre 2024. Un deuxième est arrivé au printemps 2025, détourné de la région Pacifique en raison de l’escalade des tensions avec l’Iran. Chaque système est opéré par environ 100 soldats. Par ailleurs, plusieurs batteries de missiles Patriot sont également déployées dans la zone de responsabilité du CENTCOM. Ces dernières ont été largement utilisées ces deux dernières années, notamment durant le conflit de juin pour intercepter des missiles tirés contre Israël, ainsi que pour défendre la base aérienne Al Udeid au Qatar, ciblée par une frappe iranienne le 23 juin.

Sur le plan naval, les missiles SM-3 ont été utilisés pour la première fois en combat au printemps dernier, lors d’une précédente intervention américaine visant à soutenir Israël face à l’Iran.

Cette forte consommation d’intercepteurs THAAD et SM-3 illustre la tendance récente de l’armée américaine à utiliser des munitions coûteuses pour abattre des armes adverses beaucoup moins chères. Par exemple, lors du conflit initial dans la mer Rouge, entre les États-Unis et le Yémen à l’automne 2023 et début 2024, la Marine américaine a tiré près de 400 missiles, comprenant notamment des SM-3, SM-2 et SM-6. Dans ces confrontations, la majorité des cibles étaient des missiles et drones à faible coût.

Les missiles Standard (SM) se négocient à plusieurs millions de dollars l’unité, selon la variante, tandis que certains drones utilisés par les ennemis coûtaient seulement quelques milliers de dollars. L’armée américaine explore des moyens moins coûteux pour contrer ces armes d’opposants à bas prix, mais elle s’appuie encore largement sur des systèmes comme les batteries Patriot et les missiles Standard.