Le ministère de la Défense britannique confirme la poursuite des négociations avec l’Union européenne pour la mise en œuvre du Partenariat de sécurité et de défense (PSD) dévoilé en mai, destiné à renforcer l’interopérabilité, la mobilité et la résilience au sein des structures de défense européennes et alignées sur l’OTAN.

Interrogé par écrit par le député James Cartlidge, le ministre de la Défense Luke Pollard a souligné à plusieurs reprises que le PSD vise à « renforcer l’OTAN, la pierre angulaire de la défense britannique » et à compléter les relations bilatérales existantes avec des alliés européens clés tels que la France, l’Allemagne, la Pologne, l’Italie et la Norvège.

Bien que les détails restent en négociation, Pollard a indiqué que l’accord permettra un « dialogue et une coopération sur des enjeux majeurs comme l’Ukraine, l’espace, la sécurité hybride, la sécurité maritime et la résilience des infrastructures critiques ». Il a précisé que ces échanges seront « flexibles et modulables en fonction des besoins ».

Concernant la participation britannique aux programmes d’éducation et de formation dirigés par l’UE, le ministre a confirmé que des pistes sont étudiées, notamment une implication accrue dans le Collège européen de sécurité et de défense (CESD) ainsi que des détachements possibles entre les institutions britanniques et européennes. Ces initiatives restent conditionnées à la mise en place d’accords formels, dont un éventuel Arrangement administratif avec l’Agence européenne de défense (AED).

« Tout engagement – financier ou non financier – devra apporter une valeur ajoutée pour le contribuable britannique et contribuer à la défense du Royaume-Uni », a insisté Luke Pollard dans l’ensemble de ses réponses.

Le Royaume-Uni examine également les conditions de participation du personnel européen aux formations organisées sous sa direction. Le ministre a souligné que toute coopération devra s’inscrire dans le cadre plus large de la planification OTAN et des objectifs de défense nationale britanniques. Le gouvernement évalue aussi une implication sélective dans certains projets de la Coopération structurée permanente (CSP ou PESCO) qui « renforcent nos plans de combat OTAN ».

Par ailleurs, le ministre a confirmé que les représentations diplomatiques et militaires britanniques dans des pays tiers pourraient accroître leur coopération avec les missions de l’UE présentes sur place, en particulier là où les objectifs communs visent la stabilité, la dissuasion et la prévention des crises.

La mise en œuvre du PSD sera supervisée conjointement par le secrétaire à la Défense et le secrétaire aux Affaires étrangères. Selon Luke Pollard, le ministère de la Défense et le ministère des Affaires étrangères définissent actuellement les modalités pratiques, incluant la structuration des initiatives conjointes telles que les échanges d’informations, les formations communes et les détachements.

Le gouvernement britannique réaffirme que son engagement dans les projets de défense européens sera analysé au cas par cas, en privilégiant la pertinence opérationnelle et l’intérêt national.