Le département de la Défense des États-Unis a lancé une revue formelle du partenariat de sécurité AUKUS afin d’évaluer sa cohérence avec l’agenda « America First » de l’administration Trump, selon un communiqué publié par le Bureau du sous-secrétaire à la Défense pour la politique.

Dans un message publié mercredi sur Twitter, le compte officiel de la politique du DoD a annoncé que le secrétaire Pete Hegseth avait chargé le département d’entreprendre un « processus à l’échelle du département » dirigé par la direction de la politique. Cette revue sera « une évaluation empirique et lucide » de la manière dont AUKUS s’inscrit dans le cadre stratégique du président Trump.

« Le secrétaire Hegseth a ordonné au département de la Défense de mener une revue de l’initiative AUKUS, » précise le communiqué. « Ce sera une évaluation empirique et lucide de l’alignement de l’initiative avec l’approche America First du président Trump. »

Cette annonce constitue la première indication officielle du Pentagone suggérant que l’accord trilatéral AUKUS, rassemblant les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, pourrait être soumis à un examen approfondi sous la présente administration américaine. Elle intervient après plusieurs mois de spéculations quant à la poursuite, ou non, sous une seconde administration Trump, du soutien à la coopération sous-marine dans l’Indo-Pacifique et aux échanges technologiques plus larges prévus par les piliers I et II du partenariat.

Le communiqué souligne que le département « se réjouit de poursuivre les échanges réguliers » avec les parties prenantes nationales et internationales, notamment le Congrès américain, les gouvernements australien et britannique, ainsi que « d’autres acteurs clés. »

La revue doit parvenir à son terme à l’automne. Selon le département, son objectif final est de fournir au président et aux hauts responsables « une évaluation rigoureuse et factuelle de l’initiative. »

Cette évolution survient quelques jours après la signature par le Royaume-Uni et l’Australie du traité de Geelong, un accord bilatéral juridiquement contraignant autorisant le transfert de technologie des sous-marins à propulsion nucléaire dans le cadre du pilier I d’AUKUS. Si ce traité confirme la dynamique du programme australien SSN-AUKUS, la revue américaine introduit une incertitude sur la posture à long terme de Washington, notamment sur les questions liées aux sous-marins nucléaires et aux capacités avancées.

L’administration Biden avait précédemment qualifié AUKUS d’« opportunité générationnelle » pour approfondir la dissuasion dans la région indo-pacifique. Reste à voir comment l’interprétation de l’autonomie stratégique et des priorités industrielles de défense par l’administration Trump influencera l’avenir de cet accord trilatéral.