En 2024, la Royal Air Force (RAF) a annoncé son intention de remplacer au plus vite ses avions d’entraînement BAE Hawk T1/T2, jugés obsolètes et peu fiables.

Il convient de rappeler que les Hawk T1 sont utilisés par les Red Arrows, l’équipe de voltige aérienne de la RAF. Leur retrait du service était initialement prévu pour 2030. Les Hawk T2, dotés d’un potentiel supérieur, servent à former les futurs pilotes de chasse britanniques. Toutefois, ces dernières années, ils ont connu des problèmes récurrents avec leur moteur Adour Mk-951.

Ces difficultés techniques ont conduit la RAF à collaborer avec l’Aeronautica Militare italienne pour former certains de ses pilotes en utilisant le M346 « Master » à l’Ecole Internationale de Formation au Pilotage (IFTS), basée à Decimomannu, en Sardaigne.

Par ailleurs, selon la RAF, le Hawk T2 est désormais trop ancien pour s’intégrer pleinement à l’écosystème de formation envisagé, qui prépare à l’arrivée du futur avion de combat de sixième génération, développé dans le cadre du programme GCAP (Global Combat Air Programme) en coopération avec l’Italie et le Japon.

Les souhaits de la RAF ont été pris en compte, puisque le remplacement des Hawk T1/T2 figure parmi les recommandations de la Revue Stratégique de Défense publiée en juin dernier. Début juillet, Maria Eagle, Ministre britannique des Acquisitions et de l’Industrie de Défense, a confirmé la prochaine publication d’un appel d’offres dédié. Cette procédure sera réservée aux fabricants basés au Royaume-Uni.

Selon ce critère, le F/A-50 « Golden Eagle » de la sud-coréenne Korea Aerospace Industries (KAI) a peu de chances de succès, tout comme le « Hürjet » de Turkish Aerospace Industries (TAI), malgré les liens militaires étroits entre le Royaume-Uni et la Turquie.

Cela pourrait cependant représenter une opportunité favorable pour le constructeur britannique Aeralis, qui nourrit d’ambitieux projets pour son avion d’entraînement modulaire « Dart », dont le développement a été partiellement financé par la RAF. Tout dépendra de sa capacité à passer de la phase de conception à la production, avec également une visée d’exportation vers la France.

Le M346 « Master » reste aussi un candidat sérieux, notamment parce que Leonardo, qui dispose d’une filiale au Royaume-Uni (Leonardo UK) et d’une usine à Yeovil, dans le Somerset, est un acteur du GCAP. Une collaboration possible avec BAE Systems, qui ne produit plus d’avions d’entraînement, est aussi envisagée.

Cependant, ce n’est pas vers Leonardo que BAE Systems semble se tourner, mais plutôt vers le tandem Boeing-Saab, dont le T-7 Red Hawk a été retenu pour remplacer le T-38 Talon au sein de l’US Air Force.

Selon Reuters, BAE Systems a entamé des discussions avec Boeing pour proposer le T-7 Red Hawk à la RAF. Ces deux groupes se connaissent bien, ayant déjà collaboré sur la production du Harrier II AV-8B et du T-45 Goshawk (appareil d’entraînement de la Marine américaine) aux États-Unis.

Pour l’heure, les négociations en sont à un stade préliminaire et les contours restent à définir, sans garantie qu’un accord puisse être conclu, d’après une source proche du dossier.

Boeing et Saab ont refusé de commenter. Un porte-parole de BAE Systems a déclaré : « Nous ne commentons ni rumeurs ni spéculations. L’entraînement reste un pilier important de notre stratégie aéronautique. Nous continuons à explorer et développer notre présence dans ce secteur ». Un pilier dit « important » alors même que le groupe britannique ne propose actuellement aucun avion d’entraînement.

Le T-7A Red Hawk est un système d’entraînement avancé de pilotes (Advanced Pilot Training System – APTS) entièrement nouveau, conçu pour évoluer en fonction des évolutions technologiques, des missions et des besoins de formation de l’US Air Force.

Laurent Lagneau