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L’Armée américaine va réexaminer le fonctionnement des commissions de sélection chargées d’évaluer les militaires supérieurs pour les postes de commandement, ont annoncé des responsables. Cette décision intervient à travers une modification importante du statut d’un programme clé dans ce processus d’évaluation.

Dans un mémo daté de jeudi, le secrétaire à l’Armée, Dan Driscoll, a annulé le statut officiel du Army Command Assessment Program (CAP). Ce programme, sous forme de commissions d’évaluation, analyse les candidatures des sergents-majors commandants, des lieutenant-colonels et des colonels pour des affectations de commandement. Les candidats sont examinés par un jury composé d’officiers généraux ainsi que d’anciens ou actuels commandants de brigade. Ces commissions évaluent la pertinence d’un candidat à commander, en s’appuyant notamment sur des retours de pairs et de subordonnés, ainsi que sur d’autres critères.

Le CAP avait été promu en programme officiel de référence par l’ancienne secrétaire à l’Armée Christine Wormuth, lors d’un mémo signé le 13 janvier, à la toute fin de l’administration Biden. Le mémo de Dan Driscoll vient à présent révoquer ce statut.

Selon le major Jeffrey Tolbert, porte-parole du secrétaire Driscoll, cette décision s’inscrit dans le cadre d’une « revue approfondie visant à définir la place du CAP dans notre gestion globale des talents et notre stratégie de combat ». Cette analyse est prévue pour se dérouler durant l’été, sans que l’on sache encore si la mesure aura un effet immédiat sur les commissions de sélection en cours.

La décertification du programme en tant que programme officiel offre désormais à l’Armée la latitude nécessaire pour modifier les critères de sélection utilisés pour évaluer les candidats, explique Tolbert. Dan Driscoll souhaite notamment vérifier si le CAP évalue réellement les caractéristiques que les responsables militaires jugent essentielles pour promouvoir la létalité et la méritocratie, des notions mises en avant par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth depuis sa prise de fonction.

Une analyse publiée dans Military Review par d’anciens responsables du CAP, Bob O’Brien et le colonel Andrew Morgado, décrit ce programme comme un outil destiné à identifier « des attributs potentiellement ‘cachés’ en mesurant l’intellect, le comportement et la personnalité, ainsi que des comportements de commandement contre-productifs ou inefficaces ». Les tests psychométriques du CAP évaluent notamment la capacité cognitive, l’intelligence émotionnelle, le sens du devoir, la conscience de soi et d’autres traits comportementaux.

Le programme avait attiré l’attention l’an dernier, notamment lorsque le général Charles Hamilton a été relevé de son commandement à la tête du Army Materiel Command. Cette décision faisait suite à une enquête révélant qu’il avait tenté d’utiliser son autorité pour favoriser la sélection d’un subordonné à un poste de commandement de bataillon.

Les évaluations des pairs et des subordonnés constituent un élément du score global attribué aux candidats dans le cadre du CAP, auquel s’ajoutent d’autres compétences telles que la communication écrite et orale, la condition physique et la composition corporelle.

Ce score, combiné aux interviews, forme ce que le programme appelle le Leadership Strength Spectrum, chaque partie étant pondérée à parts égales. Les niveaux de commandement en brigade et en bataillon, ainsi que les retours des soldats, représentent environ 5 % de ce score total.