La production locale d’avions de chasse étrangers dans le cadre du programme Multi-Role Fighter Aircraft (MRFA) pourrait coûter près de 30 % de plus à l’Inde que l’achat direct auprès du constructeur d’origine, selon une analyse industrielle. Cette situation remet en question la pertinence économique d’une fabrication nationale de chasseurs étrangers, particulièrement alors que l’Inde développe ses propres avions de combat indigènes.
Avec le Tejas Mk1A déjà en phase de développement, ainsi que des projets pour le Tejas MkII, l’Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA), le Twin Engine Deck-Based Fighter (TEDBF) et le système d’entraînement HLFT-42, l’Inde a dépassé la nécessité de dépendre de la production étrangère pour acquérir de l’expérience, estiment les experts. Le ministère de la Défense est invité à réévaluer sa stratégie, en privilégiant les économies financières plutôt que le montage local de plateformes étrangères.
Le développement local, un surcoût conséquent
L’analyse souligne que l’assemblage sous licence d’un avion étranger par un équipementier international renommé entraînerait un surcoût de près de 30 %, comparé à une acquisition directe. Ces coûts additionnels incluent les infrastructures, la formation, l’industrialisation spécifique et les transferts technologiques indispensables à la production nationale.
Une industrie aéronautique indépendante en progression
Depuis plusieurs années, l’Inde s’emploie à renforcer son autonomie stratégique dans le domaine aéronautique militaire. Le programme Tejas, qui vise à fournir une famille d’avions de chasse légers conçus et fabriqués localement, progresse avec la version améliorée Mk1A et les projets avancés MkII. Parallèlement, le développement de l’AMCA, avion de 5e génération, vise à doter les forces aériennes indiennes d’un appareil de fabrication indigène à haute technologie.
Moindre dépendance aux fournisseurs étrangers
Fait significatif, l’Inde travaille également sur des programmes comme le TEDBF, un chasseur bimoteur embarqué destiné à la marine, et le HLFT-42, un avion de formation avancé. Ces initiatives renforcent la capacité locale de conception et de production, réduisant la dépendance aux acquisitions étrangères coûteuses, y compris en transfert technologique.
Dans ce contexte, certains spécialistes considèrent que le maintien du programme MRFA en mode production locale d’un chasseur étranger pourrait être moins avantageux que l’achat direct, qui représente un moindre risque économique et stratégique. Le ministère de la Défense est donc encouragé à ajuster ses priorités, privilégiant des solutions plus rentables et favorisant l’essor des programmes nationaux.