Une explosion a frappé un dépôt pétrolier russe près de l’aéroport de Sotchi durant la nuit, tandis que l’immense raffinerie de Kstovo a également été bombardée. Des frappes ont aussi touché Voronej, mais les cibles précises restent à confirmer.
Une vidéo tournée en caméra poitrine montre une démonstration en conditions réelles de combat d’une cartouche antidrone de calibre 5,56 mm abattant un drone FPV (First Person View) d’un seul tir. Cette séquence publiée par Jonas sur les réseaux sociaux illustre l’efficacité de ce type de munitions dans la lutte contre les drones de reconnaissance et d’attaque de petite taille.
Le tireur exulte après avoir détruit le drone en un seul coup, une réussite qui prouve le potentiel de cette munition spécifique conçue pour neutraliser ces engins à distance. Malgré une compression vidéo qui réduit la visibilité de la chute du drone à quelques images, celui-ci est clairement repéré dans le cadre de la vidéo.
« Putain, j’ai descendu l’oiseau ! Putain ! Merde ! », s’exclame le soldat en russe, traduisant un mélange de surprise et de satisfaction après ce tir réussi.
Jonas explique : « Voilà la joie d’un soldat après avoir abattu un drone FPV à plus de 30 mètres d’un seul tir, grâce aux munitions antidrone que mon unité a reçues lors de ma dernière livraison. Plusieurs unités ont déjà utilisé ces munitions en combat réel, dont une qui a détruit neuf drones avec seulement 60 cartouches. Cela prouve leur efficacité. J’ai aussi réussi à me procurer des munitions en calibre 5,45 mm et je peux ainsi équiper toutes les unités que j’aide pour qu’elles les testent. Chaque cartouche coûte environ 13 couronnes suédoises (environ 55 hryvnias) et peut sauver une vie. »
La lutte contre les drones FPV nécessite une boîte à outils complète, mais les armes cinétiques restent indispensables. L’intégration de munitions antidrone aux fusils d’assaut permet à chaque soldat de disposer d’une capacité de tir efficace contre ces appareils, notamment en équipant un chargeur dédié, idéalement en possession du meilleur tireur du groupe.
*La traduction littérale du mot russe « Сука » désigne une chienne, mais dans ce contexte il s’agit d’un juron très fort sans connotation sexuelle en français, ce qui justifie l’usage du terme « Satan » pour restituer la force de l’exclamation.
L’Ukraine poursuit ses frappes contre des cibles stratégiques russes, en touchant notamment la quatrième plus grande raffinerie du pays, localisée à Kstovo. Cette installation dispose d’une capacité de production annuelle de 17 millions de tonnes de carburants, la plaçant juste derrière les raffineries d’Omsk, Kirishi et Ryazan, qui sont les plus importantes de Russie.
| Rang | Raffinerie | Capacité annuelle (millions de tonnes) | Propriétaire | Localisation |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Omsk | 21,0 | Gazprom Neft | Omsk |
| 2 | Kirishi | 20,1 | Surgutneftegas | Oblast de Leningrad |
| 3 | Ryazan | 17,1 | Rosneft | Ryazan |
| 4 | Kstovo | 17,0 | Lukoil | Oblast de Nijni Novgorod |
| 5 | Taneco Nizhnekamsk | 16,0 | Tatneft | Tatarstan |
| 6 | Yaroslavl | 15,7 | Slavneft | Yaroslavl |
| 7 | Volgograd | 14,5 | Lukoil | Volgograd |
| 8 | Perm | 13,1 | Lukoil | Perm |
| 9 | Moscou | 11,5 | Gazprom Neft | Moscou |
| 10 | Angarsk Petrochemical | 11,2 | Rosneft | Oblast d’Irkoutsk |
Ces données, issues d’une compilation de 51 sources diverses, sont indicatives mais donnent une bonne idée des capacités de raffinage russes. Il faut noter que les chiffres varient selon les sources et selon que l’on considère la capacité installée ou réelle de production.
Par exemple, la capacité de la raffinerie de Moscou est estimée entre 11 et 12,15 millions de tonnes par an, avec 12,15 millions de tonnes comme capacité installée et une production moyenne située autour de 11 à 11,6 millions de tonnes annuelles.
L’analyse des capacités doit toujours être nuancée, notamment pour des infrastructures stratégiques en contexte de conflit où certaines installations restent protégées par des systèmes de défense aérienne comme autour de Moscou.
Par ailleurs, un dépôt pétrolier situé à l’aéroport de Sotchi, ville célèbre pour avoir accueilli les Jeux Olympiques d’hiver avant le début du conflit en 2014, a été visé par des frappes ukrainiennes. Des images montrent le dépôt en feu et la propagation d’explosions causées par des impacts non interceptés par la défense anti-missile russe. Moscou a attribué les dégâts à des débris, mais ces affirmations sont contestées.
D’autres cibles ont aussi été touchées durant la nuit, notamment dans la région de Voronej et sur la Crimée occupée, mais les objectifs exacts n’ont pas encore été précisés.
Enfin, une autre vidéo montre un soldat russe tentant de se faufiler vers des positions ukrainiennes sous une couverture thermique destinée à le camoufler des détecteurs infrarouges, mais exposé en plein jour et sans adaptation au décor, il a rapidement été repéré.
« Begåvningsreserven » est une expression suédoise ironique désignant une réserve d’individus peu habiles dans leur fonction, souvent détournée dans divers contextes pour signifier un manque de compétence.
Une enquête publiée récemment par la BBC souligne également le trouble psychologique appelé « traumatisme post-traumatique lié aux drones » qui affecte de nombreux soldats exposés aux sifflements incessants des drones FPV, source de stress intense et de peur constante.