Cette semaine, des milliers de conscrits ont rejoint les rangs des forces armées suédoises, équipés d’un matériel personnel entièrement renouvelé dans plusieurs régiments clés. Bien que quelques difficultés d’approvisionnement subsistent chez les personnels permanents, les nouvelles recrues bénéficient d’un équipement modernisé, symbolisant un effort notable pour renforcer la qualité de la formation.
Ce lundi, de nombreux engagés dans le service militaire de dix mois, ainsi que des chefs de groupe, ont entamé leur formation à travers le pays. Contrairement aux précédentes durées de 7,5 mois, voire moins, la formation s’est désormais uniformisée à dix mois pour tous.
Une analyse des comptes officiels sur les réseaux sociaux des quatre régiments formant la brigade – I 19 Norrbottens Regemente, I 1 Livgardet, P 4 Skaraborgs Regemente et P 7 Södra Skånska Regementet – ainsi que du Gotlands Regemente, montre que les conscrits sont dotés de nouveaux équipements. Si certains régiments restent discrets, Skaraborgs Regemente et Södra Skånska Regementet équipent cette année les conscrits des nouveaux gilets pare-balles « Kroppsskydd 22 » et des casques de combat « Stridshjälm 24 », une première génération à les recevoir.
Le « Kroppsskydd 22 » a fait ses débuts l’hiver dernier, utilisé par la battalion de P 7 en Lettonie, tandis que le « Stridshjälm 24 » est un casque entièrement neuf, accompagné d’un manuel réputé long de 70 pages. L’objectif est probablement de simplifier cette formation en une instruction claire : « mettre le casque, ajuster, attacher sous le menton, ne pas le faire tomber, éviter contact avec des produits corrosifs ou carburants, et ne pas le nettoyer avec ce type de substances ».
Cette année, le Gotlands Regemente forme 290 conscrits, contre 120 l’an dernier, tandis que le Livgardet approche les 400. Le Norrbottens Regemente indique « près de 500 », le Södra Skånska Regementet environ 200. Ce dernier insiste sur l’amélioration apportée par le nouvel équipement :
« Pour l’œil averti, il est clair que nous avons enfin le plaisir d’équiper nos conscrits avec à la fois de nouveaux casques (Stridshjälm 24) et des gilets pare-balles (Kroppsskydd 22). Ces équipements allègent le poids et offrent une meilleure adaptabilité, ce qui profite grandement aux conditions de formation des unités. »
Le Skaraborgs Regemente, qui forme environ 500 conscrits, et son voisin le T 2 Trängregementet, qui en forme 400, confirment également la réception de ces nouveaux matériels :
« Lors de la distribution des uniformes, les nouvelles classes de conscrits ont reçu le nouveau casque de combat ainsi que le gilet pare-balles 22. Préparés dès le début du printemps, ces déploiements se sont poursuivis méthodiquement, incluant la commande du matériel et la récupération des équipements des précédentes promotions. »
Par ailleurs, il est probable que les recrues reçoivent le nouveau fusil d’assaut AK M4 en guise d’arme personnelle, un remplacement attendu après le retard du déploiement du AK 24 causé par des contrôles fonctionnels. Cependant, aucune annonce précise n’a encore été faite. La distribution des armes n’a de toute façon plus lieu dès le premier jour, mais les premières images de formation en armurerie ou sur le champ de tir devraient bientôt confirmer cette mise à jour.
En dépit de ces avancées, certains personnels en poste se sentent quelque peu laissés pour compte dans l’acquisition de nouveau matériel.
Revenant sur l’histoire de son propre régiment, P 4 Skaraborgs Regemente précise qu’une classe de 500 conscrits est comparable aux effectifs de l’époque de la défense d’invasion, époque où le régiment comprenait un bataillon de cavalerie blindée, un bataillon de chars, un bataillon de commandement et un bataillon de soutien, totalisant environ 500 hommes. À cela s’ajoutaient un bataillon antichar et plusieurs compagnies de réserve, appelées « malajer » – vocable péjoratif désignant des conscrits de soutien qui assuraient le fonctionnement permanent des forces en temps de paix. Sans ces « malajer », toute la chaîne logistique et la formation auraient été compromises. Aujourd’hui, ce rôle est dévolu à du personnel civil rémunéré, mettant fin à cette forme d’ »esclavage » militaire.
Ce travail discret mais fondamental des conscrits de réserve lors de la guerre froide mérite reconnaissance, même si à l’époque ils étaient souvent méprisés par leurs pairs. Ces unités de soutien n’existent plus aujourd’hui, ce qui rend impossible d’atteindre les mêmes chiffres ou besoins qu’alors.
Au total, en incluant les régiments mentionnés, T 2, ainsi que les flottille et bases maritimes, ce sont plusieurs milliers de conscrits, environ 1 900 hommes et femmes rien que pour ces unités, qui ont rejoint les forces ce lundi.
L’objectif pour cette année est de former 8 000 conscrits avec une ambition à long terme de 12 000 par an. Ces chiffres restent toutefois bien en deçà des 40 000 à 45 000 formés annuellement durant la période de défense d’invasion, lorsque toute une génération masculine était mobilisée à grande échelle face à la menace des armées blindées soviétiques.