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L’Armée américaine lance le recrutement de spécialistes des opérations spatiales avec la création d’un nouveau métier militaire, le MOS 40D. Destiné à environ 900 soldats, ce poste s’adresse uniquement aux militaires déjà en service, de grades E4 à E9.

Le MOS 40D, spécialiste des opérations spatiales, est un métier à entrée interne, réservé aux soldats ayant au moins deux ans d’expérience dans une autre spécialité et capables d’obtenir une habilitation de sécurité Top Secret. Cette nouvelle spécialité répond à la montée en puissance des capacités spatiales dans les forces terrestres américaines.

Jusqu’à présent, l’Armée disposait d’officiers spécialisés sous la désignation fonctionnelle 40A, formant un noyau permanent dédié aux opérations spatiales. La création de ce métier permet d’élargir ce cadre spécialisé et d’apporter davantage d’expertise tactique et technique à la force, en cohérence avec la vision stratégique de l’Armée d’intégrer le spatial aux opérations multi-domaines.

Cette démarche accompagne également la mise à jour de la doctrine spatiale américaine, ainsi que le développement des capacités de contre-espace, notamment via le déploiement de nouveaux systèmes d’appui électronique.

« L’établissement du MOS des opérations spatiales est un effort sans augmentation globale d’effectifs », explique le sergent-major de Commandement John Foley, du Commandement de la défense spatiale et des missiles (SMDC). « Un MOS spatial permettra de stabiliser la progression de carrière et la rétention des soldats et sous-officiers qui quittent temporairement leur spécialité actuelle pour soutenir les opérations spatiales pendant trois ans. »

Les soldats recrutés apprendront toutes les facettes des opérations spatiales et de la défense antimissile globale, devenant ainsi des conseillers seniors qualifiés.

Les personnels auparavant « prêtés » à la communauté spatiale seront réaffectés aux unités de défense aérienne, des transmissions ou du renseignement, tandis que les autorisations d’effectifs seront converties en spécialités spatiales et ouvertes à tous les métiers de l’Armée.

Le MOS devrait être officiellement instauré en octobre 2026. D’ici là, les soldats suivront une formation initiale de qualification ainsi qu’une formation complémentaire identifiée 3Y.


Un soldat de la 18e compagnie spatiale, 1ère brigade spatiale, manœuvre un système spatial tactique miniaturisé depuis un véhicule tactique protégé par un soldat des forces spéciales britanniques lors de l’expérimentation Project Convergence Capstone 4 à White Sands Missile Range, le 28 février 2024. (Photo US Army par Brooke Nevins)

Parallèlement, l’Armée prévoit de désactiver deux compagnies de contrôle spatial au sein de la 1ère brigade spatiale, tout en activant simultanément deux compagnies similaires intégrées aux futurs Theater Strike Effects Groups. La première de ces unités sera déployée en soutien au commandement Indo-Pacifique (INDOPACOM) dès octobre 2027.

Sur le plan des systèmes opérationnels, l’Armée a déjà déployé cinq exemplaires du Tactical Integrated Ground Suite Version 2 (TIGS V2), un système d’attaque électronique largement portable. Cette technologie découle du projet Broadband Advanced Ground Radio (BAdGR) conduit par le SMDC.