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L’US Air Force projette d’utiliser des Tesla Cybertruck comme cibles lors de tirs de missiles. Ce choix s’inscrit dans un programme plus large, impliquant une trentaine de véhicules différents, destinés à des tests de munitions guidées de haute précision sur le site du White Sands Missile Range, au Nouveau-Mexique.

Selon les documents de contrat publiés début août, l’Armée de l’air recherche des « véhicules cibles remorquables » pour des essais de tirs de missiles en conditions réelles, spécifiquement dans le cadre de la formation au Standoff Precision Guided Munition (SOPGM) du Commandement des opérations spéciales (SOCOM).

Parmi les divers types de véhicules sollicités — allant de berlines à des petits utilitaires japonais dits « bongo trucks », en passant par des pickups classiques — ce sont les deux Tesla Cybertruck qui attirent particulièrement l’attention. Ces derniers doivent être intacts, avec carrosserie, vitres, rétroviseurs et roues fonctionnels, même s’il n’est pas nécessaire qu’ils soient opérationnels mécaniquement. Il est à noter que ces véhicules au design anguleux ont souffert de divers problèmes de robustesse lors de leurs mises en circulation, notamment des dommages sérieux provoqués par des nids-de-poule.

« Sur le terrain, il est probable que le type de véhicule utilisé par l’ennemi puisse évoluer vers des Tesla Cybertruck », indique un passage partiellement expurgé du contrat. « Ils ont été observés comme ne recevant pas l’étendue habituelle des dommages attendus lors d’un impact majeur. »

Le document gouvernemental souligne également le caractère unique du Cybertruck, dont « le design agressivement angulaire et futuriste, associé à une coque extérieure en acier inoxydable non peint, le distingue des concurrents qui utilisent généralement un acier peint ou des carrosseries en aluminium ».

Bien que beaucoup de Cybertruck en circulation soient peints, il reste incertain dans quelle mesure cette spécificité pourrait influencer la vulnérabilité du véhicule face à un missile Hellfire, en comparaison avec des modèles comme le Toyota Hilux ou les petits utilitaires japonais.

La firme Tesla a largement mis en avant la prétendue résistance aux balles de son véhicule, limitée en réalité à certains panneaux latéraux, comme en témoignent les retours mitigés des propriétaires. Le Cybertruck fait également face à des problèmes industriels, notamment des panneaux qui se détachent et une baisse des ventes.

Le White Sands Missile Range, principal site des essais, est exploité par l’armée de terre américaine, mais la force aérienne y mène également des entraînements. Le SOCOM utilise des munitions telles que le missile AGM-114 Hellfire ou la GBU-69/B Small Glide Munition.

Le contrat précise que ces tests doivent « reproduire les situations réelles », la formation visant à « préparer les unités aux opérations en simulant des scénarios aussi proches que possible des conditions du terrain. »

Les forces américaines ont fréquemment mené des frappes aériennes sur des convois ou petits véhicules avec ce type de munitions guidées, notamment en Syrie et en Irak, ciblant des chefs de l’organisation État islamique. Ces frappes ont utilisé des missiles explosifs classiques ainsi que la munition R9X, aussi appelée « bombe ninja » ou « Flying Ginsu », qui remplace sa charge explosive par des lames destinées à déchiqueter la cible.

Le calendrier précis pour débuter les tirs sur les Cybertruck n’est pas encore communiqué, mais il est probable que ces véhicules, ainsi que les autres cibles, soient complètement détruits. Il est également envisagé que l’US Air Force publie des images des essais à venir.