Un centre de détention destiné aux migrants, qualifié de « plus grand centre fédéral de détention de l’histoire », ouvrira à la base militaire de Fort Bliss dans le courant du mois, marquant une nouvelle étape dans la politique américaine de rétention et d’expulsion des migrants.

Ce nouveau site, nommé Camp East Montana, doit être opérationnel à partir du 17 août sur la base militaire texane, avec une capacité initiale d’accueil de 1 000 personnes. L’utilisation de Fort Bliss par l’agence Immigration and Customs Enforcement (ICE) illustre la dépendance croissante du Département de la Sécurité intérieure (DHS) vis-à-vis des forces armées pour un soutien logistique.

Le Pentagone a confirmé, le 7 août, la mise en place de ce centre, précisant que les travaux avaient débuté mi-juillet et que l’ouverture était prévue « entre la mi et la fin août ». Selon un porte-parole, « une fois la capacité initiale atteinte, la construction se poursuivra pour atteindre jusqu’à 5 000 places dans les semaines et mois à venir », ce qui en ferait alors le plus grand centre de détention fédéral jamais établi.

D’après ICE, ce camp de détention vise à « désengorger » d’autres installations et comprendra des structures temporaires « à parois souples ». Camp East Montana servira également de centre de traitement, certains détenus étant amenés à être expulsés par voie aérienne. Bien que situé sur un terrain militaire, le camp sera géré exclusivement par le DHS.

Le mois précédent, le Pentagone avait confirmé des projets similaires d’hébergement de migrants détenus sur deux autres bases militaires : la Joint Base McGuire-Dix-Lakehurst dans le New Jersey et Camp Atterbury en Indiana. Dans ces cas comme à Fort Bliss, des structures temporaires seront utilisées et la gestion des centres incombera au personnel du DHS opérant sur des terrains militaires.

Ces dernières années, Fort Bliss a déjà accueilli plusieurs milliers de personnes non militaires, dont des réfugiés afghans après le retrait américain d’Afghanistan, ainsi que des enfants migrants sous les administrations Obama et Biden. Cette année, plusieurs vols d’expulsion ont décollé de Fort Bliss dans le cadre de la politique de durcissement menée sous l’administration Trump.

En 2024, le Département de la Défense a instauré plusieurs « zones de défense » le long de la frontière sud, étendant ainsi la superficie des installations militaires. Toute personne prise dans ces zones peut être inculpée d’intrusion sur une propriété militaire, notamment à Fort Bliss. Le Pentagone a toutefois précisé que les militaires ne procèdent pas directement aux arrestations dans ces zones. Le recours au militaire reste généralement limité au soutien logistique et sécuritaire, respectant les restrictions du Posse Comitatus Act de 1878 qui interdit à l’armée d’exercer des fonctions policières sur le sol américain.

Un exemple récent illustre cette limite : en juin, des Marines déployés à Los Angeles ont brièvement détenu un ancien soldat de l’armée qui s’était aventuré sur un terrain fédéral avant de le remettre rapidement aux autorités civiles, qui l’ont libéré sans délai.