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Les dernières données du rapport Expenditure and Revenue Scotland (GERS) montrent que la défense demeure un poste majeur des dépenses publiques en Écosse, avec une affectation de 5,1 milliards de livres pour 2024-2025, calculée sur la base de la part de la population.

Selon ces chiffres officiels, la défense représente environ 4 % des dépenses publiques totales en Écosse. La méthodologie du GERS applique une approche dite « pour » dans les domaines réservés tels que la défense, les intérêts de la dette publique et les services internationaux.

Cette méthode répartit les dépenses en fonction de la part démographique écossaise, plutôt que selon le lieu réel des dépenses, reflétant la nature collective des services comme la défense, qui sont considérés comme des biens publics nationaux partagés.

Le rapport précise que, pour les dépenses correspondant à des services de nature collective, la question de savoir « pour qui le service est destiné » dépend du type de dépense analysée. En matière de défense, la méthodologie repose sur le principe que l’ensemble de la population du Royaume-Uni bénéficie de manière égale des services de défense nationale, et que les dépenses sont donc réparties au prorata de la population de chaque région.

La hausse des dépenses en capital a contribué aux évolutions de la situation fiscale écossaise en 2024-2025, avec une augmentation des investissements réservés à la défense identifiée comme l’un des facteurs clés. Les chiffres montrent que l’écart entre le solde budgétaire courant de l’Écosse et son solde fiscal net s’est creusé cette année, en partie en raison de cette augmentation des dépenses d’investissement.

Au total, les dépenses publiques en Écosse pour 2024-2025 s’élèvent à 117,6 milliards de livres, contre 91,4 milliards de livres de recettes fiscales levées en Écosse, couvrant à la fois les impôts dévolus et réservés. Cela représente 9,1 % des dépenses publiques totales du Royaume-Uni et 8,0 % des recettes fiscales nationales. La part de la défense, fixée à 5,1 milliards de livres, s’ajoute à 2,684 milliards pour les services publics et communs, 836 millions pour les services internationaux, 8,511 milliards pour les intérêts de la dette publique réservée et 2,243 milliards pour les intérêts des fonds de pension des collectivités locales.

Bien que les données GERS soient conçues pour refléter les dépenses « pour l’Écosse », elles ne mesurent pas directement les dépenses effectuées « en Écosse ». Le rapport indique que les estimations directes des dépenses sur le territoire écossais ne sont pas disponibles, mais des indicateurs plus larges suggèrent un rôle plus important du secteur public en Écosse que dans le reste du Royaume-Uni. Par exemple, environ 10 % des employés du secteur public britannique sont basés en Écosse, et le système Real Time Information de HMRC indique que 9,1 % de la masse salariale dans l’administration publique, la défense, l’éducation, la santé et les services sociaux ont été versés en Écosse en 2024-2025.

Cette distinction est cruciale pour la défense. L’allocation basée sur la part de la population implique que le budget théorique de la défense pour l’Écosse est égal à la moyenne britannique par habitant, mais la concentration réelle des infrastructures, unités et industries de défense est nettement plus importante au nord de la frontière. La base navale de HMNB Clyde à Faslane abrite la dissuasion nucléaire britannique ainsi qu’une part importante de la flotte de sous-marins de la Royal Navy. La base aérienne RAF Lossiemouth accueille la force d’alerte rapide Typhoon (QRA) pour le secteur nord ainsi que les avions de patrouille maritime P-8A Poseidon. Sur la Clyde, BAE Systems construit les frégates de type 26 pour la Royal Navy, avec des retombées dans toute la chaîne d’approvisionnement écossaise.

Les projets récents et à venir, tels que la modernisation à 250 millions de livres de Faslane et les investissements continus dans la construction navale, contribuent directement à l’augmentation des dépenses en capital réservées soulignée dans les comptes 2024-2025. Sur le plan fiscal, ces projets creusent l’écart entre les soldes budgétaires courant et net, mais ils reflètent aussi des engagements stratégiques de long terme qui sous-tendent la posture de défense du Royaume-Uni dans l’Atlantique Nord, les approches arctiques et le Grand Nord.

Le secrétaire écossais Ian Murray a déclaré :

« Ces chiffres mettent en lumière la force économique collective du Royaume-Uni et la manière dont l’Écosse bénéficie de la redistribution des richesses au sein du pays. En partageant les ressources à travers le Royaume-Uni, les Écossais bénéficient de 2 669 livres de plus par habitant en dépenses publiques que la moyenne nationale. Cela signifie également que les gouvernements dévolus disposent du poids financier du Royaume-Uni pour prendre leurs décisions. Cela veut dire plus d’argent pour les écoles, les hôpitaux et la police, si le Parlement écossais choisit d’investir dans ces secteurs. Les Écossais s’attendront à des résultats concrets. »

« Ces chiffres soulignent aussi que la politique d’autonomie fiscale complète du gouvernement écossais entraînerait une austérité renforcée et le chaos économique pour l’Écosse. C’est pourquoi le gouvernement britannique défendra la mutualisation et le partage des ressources à l’échelle du Royaume-Uni dans le cadre de notre Plan pour le changement, afin de faire croître l’économie et de mettre plus d’argent dans les poches des travailleurs. »

D’un point de vue défense, ces données confirment que le rôle de l’Écosse dans la sécurité du Royaume-Uni est à la fois opérationnel et financier. Même en se fondant uniquement sur la part de la population, l’allocation budgétaire en défense est importante. Lorsque l’on prend en compte les dépenses effectivement réalisées en Écosse, des contrats de construction navale à l’implantation des bases, le poids économique et stratégique dépasse largement ce que les chiffres GERS laissent apparaître.