Plus de la moitié des candidats refusés pour raisons médicales dans l’Armée en 2024 l’ont été pour troubles psychiatriques, selon de nouvelles données communiquées par le ministre des Forces armées, Luke Pollard, à la Bibliothèque de la Chambre des communes.
Dans une lettre adressée au député Derek Twigg, Luke Pollard a partagé des statistiques provenant de la Direction du recrutement de l’Armée couvrant la période 2020-2024. Les chiffres révèlent une tendance constante : les troubles psychiatriques restent la principale cause de refus médicaux année après année.
En 2020, ces troubles représentaient 54 % de l’ensemble des refus, soit 3 335 candidats. Ce chiffre est passé à 5 239 (52 %) en 2021, puis a baissé à 2 985 (42 %) en 2022 avant de remonter à 4 408 (45 %) en 2023, pour atteindre enfin 7 379 (54 %) en 2024.
Les autres catégories, bien que moins nombreuses, concernent néanmoins un nombre significatif de postulants. Les troubles musculosquelettiques constituent la deuxième cause la plus fréquente, représentant entre 11 et 15 % des refus annuels. En 2020, 789 candidats ont été écartés pour cette raison, contre 1 329 en 2021, 1 053 en 2022, 1 262 en 2023, et 1 559 en 2024.
Les affections respiratoires représentent environ 6 à 7 % des cas chaque année, passant de 339 refus en 2020 à 781 en 2024. Les problèmes dermatologiques suivent une évolution similaire, avec 325 cas en 2020 et 745 en 2024. Les troubles neurologiques ont également augmenté, de 273 en 2020 à 659 en 2024, représentant régulièrement entre 4 et 6 % des refus médicaux.
Les troubles gastro-intestinaux étaient à l’origine de 246 refus en 2020 et ont progressé à 590 en 2024. Les pathologies oculaires ont culminé en 2023 avec 492 cas avant de légèrement diminuer à 474 l’année suivante. Les affections ORL ont fluctué au cours de la période, avec 351 refus en 2023. Les problèmes cardiovasculaires représentaient entre 2 et 3 % des cas, passant de 128 en 2020 à 275 en 2024.
Des catégories plus petites sont revenue régulièrement au fil des années. Les troubles rénaux et urologiques ont doublé entre 2020 (81 refus) et 2024 (253). Les affections endocriniennes sont restées faibles, avec 83 refus en 2024. La santé reproductive, bien que représentant moins d’un pour cent des cas, est passée de 19 en 2020 à 76 en 2024. Enfin, les problèmes dentaires, raison la moins citée, ont augmenté de manière constante, passant de 10 refus en 2020 à 52 en 2024.
Le ministre Pollard a expliqué à Derek Twigg : « Vous trouverez ci-joint un tableau mis à jour détaillant les informations demandées, incluant le nombre de refus par catégorie pour les motifs médicaux les plus fréquents des nouveaux candidats à l’Armée chaque année depuis 2020. Ces données proviennent de la Direction du recrutement de l’Armée. Je déposerai une copie de cette lettre ainsi que le tableau associé à la Bibliothèque de la Chambre. »
Ces chiffres mettent en lumière l’impact durable des troubles de santé mentale sur le recrutement, les motifs psychiatriques dépassant largement toutes les autres catégories réunies. Ils soulignent également la persistance de barrières médicales variées, qui compliquent la mobilisation des effectifs alors que la demande en personnel est en hausse.