La police spéciale d’enquête (SIT) d’Haryana a déposé devant un tribunal de Hisar un acte d’accusation de près de 2 500 pages contre la youtubeuse Jyoti Malhotra, arrêtée pour espionnage au profit du Pakistan.
Ce document judiciaire affirme disposer de preuves solides</strong établissant son implication dans des activités d’espionnage. L’arrestation de Mme Malhotra a eu lieu le 16 mai, en lien avec ces soupçons, avant qu’elle ne soit placée en détention provisoire.
Selon cet acte, Jyoti Malhotra aurait transmis des informations sensibles à des agents pakistanais sur une période prolongée, entretenant des contacts réguliers avec eux. Les enquêteurs expliquent qu’elle avait d’abord débuté par la création de blogs et de contenus de type YouTube classique, mais qu’au cours d’un voyage au Pakistan, elle aurait rencontré des agents des services de renseignement.
L’examen numérique approfondi de son téléphone mobile a révélé de nombreuses conversations avec Ehsan-ur-Rahim Danish Ali, un fonctionnaire de la Haut Commission pakistanaise en Inde. L’acte d’accusation cite également ses liens avec des opérateurs du service de renseignement pakistanais (ISI) nommés Shakir, Hasan Ali et Nasir Dhillon.
Son avocat, Kumar Mukesh, a déclaré qu’ils examineraient le dossier pour préparer une réponse juridique. La prochaine audience est fixée au 18 août.
D’après le rapport initial, Jyoti Malhotra aurait visité en 2023 la Haut Commission du Pakistan à New Delhi, où elle aurait rencontré Ehsan-ur-Rahim, alias Danish, membre du personnel diplomatique.
Elle est accusée d’avoir divulgué des renseignements sensibles concernant des sites en Inde et d’avoir contribué à améliorer l’image du Pakistan sur les réseaux sociaux.
Ehsan-ur-Rahim Danish, déclaré persona non grata puis expulsé d’Inde le 13 mai, l’aurait mise en relation avec plusieurs agents du renseignement basés au Pakistan. Les enquêteurs précisent que Jyoti Malhotra aurait entretenu une relation intime avec l’un de ces agents et aurait voyagé avec lui à Bali en Indonésie.
Mme Malhotra, qui gérait une chaîne YouTube nommée « Travel with Jo », est poursuivie notamment en vertu des articles 3 et 5 de la loi sur les Secrets officiels (Official Secrets Act) ainsi que l’article 152 du Bharatiya Nyaya Sanhita (code pénal indien), sur la base du témoignage du sous-inspecteur Bijender Singh à la station de police Civil Lines de Hisar.