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Le 17 août 2025, le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Syed Asim Munir, a suscité la polémique en déclarant que son unique souhait est de mourir en martyr au service du Pakistan. Cette affirmation, prononcée lors d’une récente allocution, a provoqué des réactions moqueuses de la part des commentateurs et médias indiens, qui ont rappelé le retrait supposé de Munir dans un bunker fortifié à Rawalpindi lors de l’opération Sindoor lancée par l’Inde en mai 2025.

Engagé corps et âme pour la défense du Pakistan, le maréchal Munir, reconnu comme Hafiz-e-Quran, a exprimé avec ferveur son dévouement lors de son discours. Il aurait déclaré : « Mon plus grand désir est le martyr », rejetant toute ambition politique pour se concentrer sur son rôle de serviteur de l’État. Il a également salué le sacrifice des martyrs pakistanais, les qualifiant de « muraille d’acier » contre toute agression extérieure, au cours d’une cérémonie au quartier général de l’armée (GHQ) à Rawalpindi.

Promu au rang exceptionnel de maréchal le 21 mai 2025 — un honneur jusqu’alors réservé au général Ayub Khan — suite aux engagements militaires du Pakistan contre l’Inde, notamment l’opération Bunyan-um-Marsoos présentée par Islamabad comme une réussite, Munir a été salué par le gouvernement pakistanais pour sa « stratégie élevée et son leadership courageux », malgré des rapports faisant état de revers importants.

Contexte de l’opération Sindoor : lancée en représailles à l’attentat terroriste du 22 avril 2025 à Pahalgam, qui a fait 26 victimes civiles majoritairement hindoues, l’opération Sindoor correspond à une série de frappes aériennes ciblées sur des camps terroristes et des bases aériennes pakistanaises, dont la stratégique base de Nur Khan près de Rawalpindi. Déroulée les 6 et 7 mai 2025, cette opération est décrite par les sources indiennes comme une manœuvre tactique exemplaire ayant révélé les failles de l’infrastructure militaire pakistanaise.

Selon plusieurs rapports, l’intensité des frappes, notamment sur la base de Nur Khan — située à seulement 10 km d’Islamabad et proche du centre de commandement nucléaire pakistanais — aurait contraint le général Munir à se réfugier dans un bunker souterrain fortifié au GHQ de Rawalpindi. Des sources avancent qu’il y serait resté entre deux et quatre heures, certains affirmant même que sa famille aurait quitté le Pakistan peu après sur des passeports diplomatiques. Les médias indiens, tels que Times Now ou Hindi Gaurav, se sont emparés de cette information, qualifiant Munir de « souris acculée » ayant troqué son statut de « lion rugissant » contre celui d’un homme caché par peur.

Une polémique entretenue par les médias indiens : les commentateurs indiens ridiculisent depuis la revendication de martyr de Munir en évoquant cet épisode au bunker comme preuve de lâcheté. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #MunirOut a circulé massivement, alimentant les doutes sur son leadership et son courage. Un utilisateur influent sur X a même écrit : « Cauchemar du Pakistan. Le général raté Asim Munir ne partagera pas cela avec la population pakistanaise », soulignant le sentiment d’humiliation perçu.

Malgré ces difficultés apparentes lors de l’opération Sindoor, le gouvernement pakistanais et son état-major affichent un récit victorieux. La promotion de Munir au rang de maréchal est considérée par ses détracteurs comme une manœuvre destinée à masquer l’échec de l’opération Bunyan-um-Marsoos, présentée comme une riposte, mais que les sources indiennes affirment avoir neutralisée efficacement. Le cabinet pakistanais, sous la direction du Premier ministre Shehbaz Sharif, a justifié cette promotion en évoquant le rôle de Munir dans « la défaite de l’ennemi », alors que des analystes indiens y voient surtout un moyen désespéré de consolider son pouvoir face à des turbulences internes et à une perte de soutien.

L’ancien haut-commissaire indien G Parthasarathy qualifiait cette promotion de « coup de génie d’un chef d’armée nourrissant une haine pathologique envers l’Inde », tandis que d’autres observateurs y voient une protection contre d’éventuelles procédures militaires ou dissensions internes. De leur côté, les médias pakistanais ont alimenté un climat nationaliste en présentant Munir comme un héros resté ferme face à l’Inde jusqu’au cessez-le-feu négocié par les États-Unis le 10 mai 2025, une version contestée vigoureusement par New Delhi.