Article de 693 mots ⏱️ 4 min de lecture

Lors d’une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy et les dirigeants européens, l’ancien président américain Donald Trump a déclaré qu’un accord de paix pour mettre fin à la guerre en Ukraine était envisageable. Il a assuré que les États-Unis participeraient à la fourniture de garanties de sécurité à l’Ukraine dans le cadre de tout accord visant à clore le conflit.

Interrogé par la presse à la Maison-Blanche, Trump a reconnu que tous souhaiteraient un cessez-le-feu immédiat, mais il s’est montré optimiste quant à la possibilité de conclure un accord capable de dissuader toute nouvelle agression en Ukraine. Il a toutefois suggéré qu’un cessez-le-feu préalable n’était plus selon lui une condition indispensable à la négociation d’un accord de paix, adoptant ainsi une position défendue par le président russe Vladimir Poutine, mais rejetée par Zelenskyy et la majorité des dirigeants européens.

Volodymyr Zelenskyy et Donald Trump ont exprimé l’espoir que ces discussions à la Maison-Blanche débouchent sur des pourparlers trilatéraux avec Vladimir Poutine afin de mettre un terme au conflit. Les deux chefs d’État ont répondu aux questions des médias dans le Bureau ovale avant de se réunir en privé, six mois après une rencontre houleuse qui avait donné lieu à une confrontation publique remarquée entre Trump, le vice-président JD Vance et Zelenskyy.

Cette fois-ci, l’atmosphère était bien plus cordiale, malgré le récent rapprochement de Trump envers la Russie, notamment à l’issue du sommet d’Alaska avec Poutine.

Le président ukrainien était soutenu par les dirigeants du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, de la Finlande, ainsi que par ceux de l’Union européenne et de l’OTAN, qui s’étaient rendus à Washington pour témoigner leur solidarité à l’Ukraine et réclamer de solides garanties de sécurité pour le pays dans un futur accord post-conflit. “En matière de sécurité, il y aura beaucoup d’aide”, a déclaré Trump, précisant que des pays européens seraient impliqués. “Ils constituent une première ligne de défense parce qu’ils sont sur place, mais nous les soutiendrons.”

Trump a accueilli Zelenskyy devant la Maison-Blanche, serrant la main du président ukrainien et saluant son choix d’un costume noir, un changement notable par rapport à ses tenues militaires habituelles.

Interrogé sur son message aux Ukrainiens, Trump a répondu à deux reprises : “Nous les aimons.” Zelenskyy l’a remercié, et Trump a posé une main affectueuse sur son épaule avant qu’ils ne pénètrent dans le Bureau ovale.

L’ancien président américain pousse pour une conclusion rapide à la guerre la plus meurtrière en Europe depuis 80 ans. Toutefois, Kyiv et ses alliés craignent que Trump ne cherche à imposer un accord aux conditions favorables à Moscou, alors qu’il a accordé vendredi dernier à Poutine un accueil protocolaire prestigieux lors de leur sommet en Alaska. Poutine fait par ailleurs l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre.

Trump a dit apprécier l’idée d’un cessez-le-feu, mais a estimé possible de négocier un accord de paix malgré la poursuite des combats. “J’aimerais qu’ils arrêtent, je souhaiterais qu’ils stoppent le feu”, a-t-il ajouté.

De son côté, Zelenskyy s’est dit prêt à s’asseoir à la table des négociations pour mettre fin à la guerre. “Nous devons arrêter ce conflit, stopper la Russie, et nous avons besoin de soutien – celui des partenaires américains et européens”, a-t-il déclaré aux journalistes.

Le président ukrainien a toutefois rejeté en grande partie les propositions esquissées par Poutine lors de la réunion d’Alaska. Celles-ci prévoient notamment la cession du dernier quart de la région orientale de Donetsk, en grande partie sous contrôle russe. Les forces ukrainiennes sont solidement implantées dans cette zone stratégique dont les villes et les hauteurs jouent un rôle essentiel dans la défense contre les offensives russes.