Le destroyer britannique HMS Daring reste indisponible depuis plus de 3 000 jours, une durée supérieure à celle de sa construction. Après plusieurs années de remise à niveau et de régénération, il commence désormais à reconstituer son équipage en vue des essais avant son retour imminent dans la flotte.
Ce cap, atteint cette semaine, souligne la longue période pendant laquelle le navire a été immobilisé pour travaux depuis son retrait en 2017.
Le HMS Daring a été mis sur cale en 2003, lancé en 2006 et admis au service actif en 2009. De la pose de la quille à la mise en service, il s’est écoulé 2 307 jours. Aujourd’hui, il totalise plus de 3 000 jours hors service, dépassant ainsi le temps total nécessaire à sa construction et son intégration dans la Royal Navy.
Le bâtiment a été retiré en avril 2017 pour entamer le Power Improvement Project (PIP), accompagné d’une importante remise à niveau. Ce programme, mis en place pour toute la classe Type 45, vise à corriger des défauts connus des systèmes de propulsion et d’alimentation électrique, notamment les turbines à gaz WR-21 équipées d’un intercooler, qui souffraient de problèmes de fiabilité en climat chaud.
Le programme a remplacé les deux générateurs diesel d’origine par trois unités plus puissantes et fiables. Pour le HMS Daring, ce chantier s’est combiné avec une refonte plus globale conduite au chantier naval Cammell Laird, achevée fin 2022. Le navire est revenu à Portsmouth début 2023 et a entamé une phase de régénération. En mai 2023, l’ancien ministre de la Défense James Cartlidge a confirmé la fin des travaux PIP sur le Daring et sur le HMS Dauntless. Ce dernier est déjà reparti en service actif, tandis que le Daring poursuit des travaux complémentaires au port.
Selon des sources militaires, le HMS Daring a commencé à former son équipage en vue des essais. Le calendrier prévoit des manœuvres de remise en condition à partir de décembre 2025, avec un début plus probable en janvier 2026, ce qui marquerait sa première sortie en mer depuis plus de huit ans.
Les cinq autres destroyers Type 45 suivent des étapes similaires. Le HMS Dauntless a achevé ses travaux PIP et repris du service, le HMS Dragon est en cours de modernisation, tandis que le HMS Defender doit bientôt débuter les siens. Les HMS Diamond et Duncan sont programmés pour plus tard. Selon les prévisions, l’ensemble des six destroyers devrait avoir achevé ce programme d’ici 2028. Les déclarations parlementaires n’ont fait état d’aucun problème technique lié au PIP sur les navires déjà mis à jour.
Les autorités insistent également sur le fait que la Royal Navy continue de répondre à ses missions opérationnelles dans le monde malgré l’indisponibilité ponctuelle de certains bâtiments. Un porte-parole a déclaré : « Nous ne commentons pas l’état matériel de nos navires, mais la Royal Navy remplit l’ensemble de ses engagements opérationnels. »
Perspective
Le cap des 3 000 jours met en lumière la durée exceptionnelle de la régénération du HMS Daring comparée à sa carrière initiale. Entre sa mise en service en 2009 et son retrait en 2017, il a été opérationnel pendant huit ans. Depuis, il est immobilisé depuis plus de huit ans. Si les essais en mer débutent en 2026, ces deux phases seront presque équivalentes.
Cette longue durée ne s’explique pas par un seul facteur. Le Power Improvement Project a nécessité des modifications lourdes des espaces machines, combinées à une refonte majeure au chantier Cammell Laird. Après le retour du navire à Portsmouth en 2023, l’attention s’est portée sur la régénération : tests des systèmes, homologations, mise en place et entraînement d’un équipage pour un navire longtemps inactif. Chacune de ces étapes a allongé le calendrier global.
Au sein de la classe, le PIP est conçu pour offrir une fiabilité durable, garantissant que les six destroyers restent capables d’assurer leur rôle de plateformes avancées de défense aérienne dans les années à venir. Les rapports parlementaires confirment qu’aucun problème technique n’a été enregistré sur les navires ayant déjà terminé cette modernisation.
Cependant, le fait que le HMS Daring soit hors service plus longtemps qu’il n’a fallu pour le construire attirera forcément l’attention. Certains y verront un constat embarrassant, d’autres y comprendront une étape nécessaire pour maintenir ces équipements complexes de la Royal Navy.
Notre rôle est ici de présenter les faits, sans minimiser ni amplifier ces enjeux. Il s’agit d’informer sur les avancées positives comme sur les difficultés rencontrées.