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Des bombardiers américains B-1B Lancer ont effectué un survol en formation avec des chasseurs JAS-39 Gripen hongrois et suédois au-dessus de Riga, en Lettonie, le 19 août, dans le cadre d’une manœuvre de l’OTAN destinée à affirmer la détermination des Alliés face à la Russie sur le flanc est de l’Alliance.

Selon le commandement allié de l’aviation de l’OTAN, deux Gripen hongrois déployés à la base aérienne de Šiauliai en Lituanie, dans le cadre de la mission de police du ciel balte, ont rejoint des Gripen suédois ainsi que deux bombardiers B-1B de l’US Air Force pour un passage à basse altitude au-dessus du Monument de la Liberté à Riga.

L’OTAN a qualifié ce survol de démonstration de « l’intégration fluide de plates-formes diverses et très sophistiquées ».

Le ministre letton de la Défense, Andris Sprūds, a déclaré : « La sécurité des États baltes et du flanc Est de l’OTAN constitue la pierre angulaire de la sécurité de toute la région euro-atlantique. De telles manœuvres de survol par les États-Unis et leurs alliés illustrent clairement la présence de l’OTAN dans la région, l’unité transatlantique et l’engagement à renforcer collectivement la sécurité des pays baltes. »

La force aérienne hongroise a pris ses fonctions de police du ciel balte début août, pour sa quatrième rotation. Les responsables de l’OTAN ont souligné que ce survol intégré mettait en avant une « posture de force évolutive sur le flanc est de l’Alliance ».

Les B-1B impliqués sont déployés depuis la base aérienne de Dyess au Texas vers la base d’Ørland en Norvège, dans le cadre de la dernière rotation du Bomber Task Force Europe. L’OTAN a précisé que ce déploiement permettait « aux équipages alliés d’affiner leurs tactiques, d’accroître leur flexibilité et de renforcer la coordination par des exercices et opérations conjointes, augmentant ainsi les capacités de combat et la préparation opérationnelle ».

Cette manœuvre s’inscrit dans une série régulière de missions Bomber Task Force que l’OTAN considère comme un moyen de renforcer l’intégration et de démontrer une « puissance aérienne crédible et prête au combat au soutien de la défense collective du territoire et de la région euro-atlantique ».

Le bombardier B-1B

Le B-1B Lancer constitue l’épine dorsale de la force de bombardement à longue portée américaine, capable de transporter la plus grande charge utile conventionnelle de l’inventaire de l’US Air Force. Conçu pour des opérations multi-missions, il peut rapidement déployer des armes guidées ou non à l’échelle mondiale, jouant un rôle central dans les capacités de frappe des États-Unis. Ses ailes à géométrie variable, ses turbofans et sa configuration blended wing/body lui confèrent la portée, la vitesse et la maniabilité nécessaires pour opérer à haute comme à basse altitude, tandis que ses radars, systèmes de ciblage et sa capacité d’emport en font un élément clé des opérations de frappe conjointes.

Équipé de radars et systèmes de navigation avancés, le B-1B peut suivre des véhicules en mouvement, suivre le relief et frapper avec précision à l’aide d’un guidage GPS. L’ajout du système Link-16 et d’une liaison de données pleinement intégrée améliore la conscience situationnelle et permet aux équipages de frapper efficacement des cibles sensibles au facteur temps. Ses systèmes défensifs comprennent brouillage électronique, détecteurs d’alerte radar, contre-mesures jetables et leurre remorqué, intégrés à une faible signature radar pour assurer sa survie en espace hostile. Des mises à jour continues remplacent l’électronique vieillissante et améliorent la capacité radar, garantissant la pertinence du B-1 sur les champs de bataille modernes.

Initialement développé dans les années 1970 sous la désignation B-1A, le programme fut annulé en 1977 puis relancé sous l’administration Reagan en version B-1B. Les modifications comprenaient une structure renforcée pour une charge utile accrue, un radar amélioré et une forte réduction de la signature radar, bien que la vitesse maximale ait été réduite à Mach 1,2. Le premier appareil de série vola en 1984 et entra en service en 1986. Conçu à l’origine pour des missions nucléaires, le B-1B fut reconverti en rôle strictement conventionnel dans le cadre des traités START et New START, les modifications empêchant toute capacité d’armement nucléaire ayant été achevées en 2011.

Le B-1B détient près de 50 records mondiaux de vitesse, charge utile et portée, et a connu un usage intensif au combat depuis l’Opération Desert Fox en 1998. Au Kosovo, en Afghanistan et en Irak, il a livré une part disproportionnée d’armes à guidage de précision par rapport au nombre de sorties, soulignant son efficacité en tant que plateforme de frappe. Aujourd’hui encore, il demeure engagé dans des opérations mondiales, avec un équipage de quatre personnes et une capacité d’emport allant jusqu’à 34 tonnes d’armement. Sa vitesse maximale dépasse 900 mph, sa portée est intercontinentale et son plafond dépasse 30 000 pieds, ce qui en fait un élément très redoutable de la puissance aérienne américaine.