L’Armée de l’Air indienne cherche à renforcer ses capacités de guerre électronique en se dotant d’un système avancé d’essaim de leurres actifs jetables. Ce dispositif, inspiré des enseignements tirés de l’Opération Sindoor, consiste en un essaim de drones à grande vitesse capables de brouiller et submerger les systèmes de défense aérienne adverses, améliorant ainsi la capacité de survie des appareils indiens dans des espaces aériens contestés.
Ce système innovant combinera des charges utiles de guerre électronique sophistiquées et des dispositifs de dispersion de leurres (chaff), essentiels pour neutraliser les menaces posées par les défenses aériennes de pays comme la Chine et le Pakistan, notamment les systèmes HQ-9 et S-400. Intégré au Système de Commandement et de Contrôle Aérien Intégré de l’IAF (IACCS), l’essaim permettra une coordination en temps réel avec les plateformes pilotées et non pilotées, favorisant ainsi le combat centré sur le réseau.
Le développement de cet essaim actif jetable soulève plusieurs défis techniques, tels que la miniaturisation des brouilleurs DRFM, la gestion de la coordination de l’essaim face aux contre-mesures électroniques ennemies, et l’intégration de l’intelligence artificielle pour une prise de décision autonome. La réussite de l’Ukraine avec des essaims de drones, malgré un environnement de guerre électronique complexe, incite l’Inde à envisager des solutions d’encryptage adaptatif et des topologies réseau dynamiques pour renforcer la résilience du système. L’expérience de l’IAF avec les acquisitions ISTAR retardées souligne l’importance d’un processus d’achat efficace, avec une décision sur le choix de la plateforme attendue d’ici fin 2025 pour respecter un délai de livraison de 60 mois.
Caractéristiques clés du système d’essaim de leurres actifs (EAD)
Ce système est conçu pour répondre à des exigences opérationnelles strictes, alliant performances à haute vitesse et capacités avancées de guerre électronique.
- Vitesse élevée et longue portée : Les drones atteindront des vitesses supérieures à Mach 0,9 et disposeront d’une autonomie supérieure à 500 km, permettant une infiltration rapide dans l’espace aérien ennemi pour neutraliser les menaces à distance. Cette portée assure un emploi efficace lors de missions SEAD/DEAD (Suppression and Destruction of Enemy Air Defenses).
- Charges utiles de guerre électronique : Dotés de brouilleurs basés sur la mémoire radiofréquence numérique (DRFM), les drones détecteront et diffuseront de manière autonome des signaux électroniques trompeurs afin de perturber les radars adverses. Ils pourront exécuter des brouillages préprogrammés ainsi qu’adaptatifs en temps réel, même contre des systèmes radar sophistiqués doté de capacités « home-on-jam » (poursuite du brouillage).
- Dispensation de leurres (chaff) : Chaque drone embarquera un nombre conséquent de dispositifs de dispersion de leurres, capables de créer un corridor de chaff masquant les signatures électroniques des avions alliés et perturbant le suivi radar ennemi. Cette tactique combinée au brouillage surpassera les systèmes intégrés de défense aérienne (IADS), augmentant ainsi la survivabilité des appareils de l’IAF.
- Lancement simplifié et infrastructure minimale : Le système sera doté de mécanismes de lancement faciles à utiliser, ne nécessitant pas de pistes d’envol, ce qui facilitera un déploiement rapide depuis des emplacements variés avec une infrastructure au sol réduite.
- Navigation indépendante du GPS : Pour contrer les brouillages et leurres GPS, les drones utiliseront des alternatives telles que la navigation inertielle ou la navigation par référence au terrain, garantissant ainsi une fiabilité opérationnelle même dans des environnements privés de GPS.
- Charges utiles modulaires et évolutives : Les drones seront équipés de baies modulaires permettant l’échange ou la mise à niveau des charges utiles pour répondre aux menaces toujours plus évolutives et garantir la pertinence du système à long terme.
- Coordination d’essaim : Capables d’être lancés en grand nombre depuis plusieurs sites, les drones fonctionneront en essaim coordonné grâce à une intelligence artificielle avancée, assurant une exécution synchronisée des missions de brouillage et de leurre.