Article de 466 mots ⏱️ 3 min de lecture

Anders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l’OTAN, alerte sur l’absence de garanties sécuritaires pour l’Ukraine sans un déploiement de troupes européennes sur son territoire. Dans une intervention récente, il a souligné que les prochaines semaines seront déterminantes pour bâtir une coalition européenne prête à s’engager militairement en Ukraine.

« Les deux prochaines semaines seront décisives pour construire une coalition européenne prête à déployer des troupes en Ukraine. Il faut reconnaître qu’aucune garantie de sécurité absolue ne pourra être donnée, ni aucune protection contre une future attaque russe, sans la présence de forces européennes sur le sol ukrainien. Cette décision doit être prise dans les quinze jours à venir », a déclaré Rasmussen lors d’une interview sur BBC Newsnight le 19 août.

Revenant sur l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, survenue pendant son mandat à l’OTAN, l’ancien Premier ministre danois a exprimé ses regrets quant à la réponse occidentale jugée trop prudente. « L’OTAN et la communauté internationale ont réagi avec trop d’hésitation et de modération… J’estime que nous aurions dû intervenir militairement dès 2014-2015 pour envoyer un message clair à Vladimir Poutine. »

Il a également pointé l’erreur des dirigeants occidentaux qui, selon lui, ont sous-estimé la nature du président russe. « Je crois que Poutine est resté le même depuis le début. Formé au KGB, il est un agent hautement qualifié et instruit, et il agit encore comme tel aujourd’hui. »

Anders Fogh Rasmussen a insisté sur la nécessité pour les pays européens de revoir leur approche en matière de défense, rappelant qu’ils avaient trop rapidement tiré parti du « dividende de la paix ». « Nous devons affirmer notre volonté de défendre nos sociétés. Nous avons consacré trop vite les ressources aux dépenses sociales, à la santé, à la prise en charge des personnes âgées ou à l’éducation, ce qui est certes essentiel. Mais tout cela ne vaut rien si nous ne sommes pas capables de nous protéger nous-mêmes. »

Tout en reconnaissant le rôle crucial des États-Unis, il a appelé l’Europe à prendre l’initiative dans les garanties de sécurité à l’Ukraine. « Nous pouvons offrir des garanties sécuritaires concrètes et solides sans déploiement direct de troupes américaines au sol, tout en bénéficiant de leur soutien. Je m’attends donc à ce que l’Europe assume la majeure partie de ces garanties, avec l’appui des Américains. »

Ces déclarations interviennent dans le sillage du sommet Trump-Poutine, qui a ravivé les questions en Europe sur l’avenir des engagements sécuritaires envers Kiev.