Le 7 janvier 2026, le président américain Donald Trump a appelé, via son réseau social Truth Social, à une augmentation sans précédent de 50 % du budget de la défense des États-Unis, le portant à 1 500 milliards de dollars (1 290 milliards d’euros) pour l’année 2027. Cette demande fait suite à des échanges avec des sénateurs, des membres du Congrès, des secrétaires d’État et d’autres représentants politiques. Trump affirme vouloir ainsi bâtir son « armée de rêve » afin d’assurer une sécurité complète et une protection renforcée face aux adversaires des États-Unis.

Financement par les revenus douaniers

Le président propose de financer ce surcroît de dépenses par les recettes douanières perçues auprès des pays qui, selon lui, « ont exploité les États-Unis à un niveau sans précédent par le passé ». Il explique vouloir renforcer la puissance militaire à un degré inégalé, réduire la dette nationale et verser des dividendes modérés « aux patriotes à revenu moyen de notre pays ».

Conséquences pour l’industrie et les alliés

En Allemagne, la hausse du budget de la défense de 50 à 82,5 milliards d’euros depuis 2022 pose déjà des difficultés pour l’administration et l’industrie, qui peinent à mobiliser rapidement les fonds supplémentaires afin d’équiper les forces armées. Il sera donc intéressant d’observer si les États-Unis parviendront à investir un tel montant dans l’amélioration des capacités militaires sur une période aussi courte. Le secteur de la défense américain fonctionne déjà à pleine capacité, avec des délais d’attente prolongés pour des systèmes essentiels tels que les avions de chasse ou les systèmes de défense aérienne.

Les contrats pour des livraisons en 2027 devront être conclus dans les prochains mois. Reste à savoir si les États-Unis disposeront alors de suffisamment de ressources pour approvisionner leurs alliés de l’OTAN et d’autres partenaires.

Analyse de Peter Felstead, rédacteur pour ESD News :

Un point majeur du plan de Trump réside dans l’hypothèse d’une manne financière substantielle issue des droits de douane élevés qu’il impose sur les importations américaines, partant du principe que les pays exportateurs vers les États-Unis paieraient cher l’accès à ce marché. Pourtant, les éléments disponibles indiquent que cette réalité est très éloignée. De plus, la Cour suprême américaine pourrait encore juger illégale l’utilisation par Trump de pouvoirs d’urgence pour instaurer ses surtaxes dites « Liberation Day » le 2 avril 2025, et les annuler.

Il est vrai que le déficit commercial américain s’est réduit à 29,4 milliards de dollars en octobre 2025, un niveau jamais vu depuis juin 2009, ce qui pourrait être attribué aux droits de douane. Cependant, selon la banque d’investissement Goldman Sachs, 82 % de ces surtaxes ont en réalité été supportés en octobre 2025 par les entreprises et les consommateurs américains eux-mêmes, et la banque anticipe que ce chiffre restera à 75 % en juillet 2026. Contrairement aux affirmations de Trump, ce sont donc les acteurs économiques domestiques qui absorbent la majeure partie des hausses de coûts liées aux tarifs douaniers, et non les exportateurs étrangers.

Cette situation s’inscrit par ailleurs dans un contexte de ralentissement de l’activité manufacturière aux États-Unis et d’affaiblissement du marché du travail, un ensemble de facteurs qui pourrait freiner significativement la croissance économique américaine.

Par ailleurs, les parlementaires américains n’ont pas encore finalisé le projet de loi sur le budget de la défense pour l’exercice suivant, même si un accord devrait bientôt être trouvé pour accroître le budget militaire de plusieurs milliards de dollars.

Illustration :

Le président Donald Trump, photographié à son bureau dans le Bureau ovale, a demandé une augmentation record de 50 % du budget américain de la défense, une ambition qui paraît difficilement réalisable dans les faits.