En 2025, la Russie a réalisé ses avancées territoriales les plus importantes en Ukraine depuis la première année du conflit, selon une analyse des données du Institute for the Study of War (ISW). Alors que Kyiv accueille une réunion des conseillers en sécurité des pays alliés, la guerre se poursuit sur le terrain malgré les efforts diplomatiques pour parvenir à un accord de paix.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé la participation d’environ 15 pays aux pourparlers, auxquels s’ajouteront des représentants de l’Union européenne et de l’OTAN, ainsi qu’une délégation américaine en visioconférence. Ces discussions, suivies d’un sommet prévu la semaine prochaine en France entre les leaders de la « coalition des volontaires », illustrent la dynamique diplomatique visant à mettre fin à ce conflit qui dure depuis près de quatre ans.
Dans son message du Nouvel An, Zelensky a évoqué un projet d’accord de paix négocié sous l’égide des États-Unis, « prêt à 90 % », bien que la question clé des frontières reste en suspens.
Sur le terrain, la Russie exploite ses forces supérieures en nombre et en équipement pour étendre son contrôle. Selon l’analyse du ISW, Moscou a conquis plus de 5 600 km² de territoire ukrainien en 2025, soit près d’1 % de la superficie du pays. Ce gain territorial dépasse celui des deux années précédentes cumulées, mais reste largement en deçà des quelque 60 000 km² gagnés lors de la première année d’invasion en 2022.
Une offensive aérienne persistante
La Russie poursuit par ailleurs ses frappes aériennes intenses, ciblant notamment une zone résidentielle majeure à Kharkiv. Des images montrent les dégâts considérables causés par les bombardements, avec des bâtiments détruits en plusieurs étages et des secours en action pour évacuer les personnes blessées ou piégées. Les autorités locales rapportent la mort d’un enfant de trois ans et au moins dix-neuf blessés. Zelensky a qualifié cette attaque de « ignoble ».
« Malheureusement, c’est ainsi que les Russes traitent la vie et les civils — ils continuent de tuer, malgré tous les efforts de la communauté internationale, notamment des États-Unis, dans la voie diplomatique », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
Le ministère russe de la Défense a nié toute responsabilité, affirmant que ses forces « n’ont pas planifié ni effectué de frappes aériennes ou de tirs de missiles à l’intérieur des limites de la ville de Kharkiv ».
Face aux risques grandissants pour les populations civiles, les autorités ukrainiennes ont ordonné vendredi l’évacuation de plus de 3 000 enfants et leurs familles de 44 localités situées en première ligne dans les régions de Zaporizhzhia et Dnipropetrovsk, où les troupes russes progressent. Plus de 150 000 personnes ont été évacuées depuis le 1er juin, selon Oleksiy Kuleba, ministre ukrainien en charge de la reconstruction.
Le jeudi précédent, la Russie a accusé Kyiv d’avoir frappé un hôtel et un café dans le sud occupé, causant la mort de 28 personnes, et a mis en garde contre des « conséquences » potentielles. L’Ukraine, de son côté, a affirmé que cette attaque visait un rassemblement militaire fermé aux civils. Ces informations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Zelensky nomme son nouveau conseiller principal
Vendredi, le président ukrainien a nommé Kyrylo Budanov, chef du renseignement militaire, comme son nouveau conseiller principal, suite à la démission de son précédent chef de cabinet, Andriy Yermak, en novembre dernier à la suite d’une enquête pour corruption. Budanov jouit d’une réputation légendaire en Ukraine, notamment grâce à plusieurs opérations audacieuses contre les forces russes.
Par ailleurs, Zelensky a annoncé vouloir remplacer le ministre de la Défense Denys Shymgal, en fonction depuis seulement six mois, par Mykhailo Fedorov, ministre actuel de la transformation numérique, âgé de 34 ans et novice en politique. Le président a souligné que Fedorov est très engagé dans les questions liées aux drones et à la digitalisation des services publics.
Contexte du conflit
Depuis son invasion de l’Ukraine en février 2022, qualifiée de « opération militaire spéciale » par Moscou dans le but déclaré de contrer l’expansion de l’OTAN, la Russie a pris le contrôle de vastes territoires dans l’Est et le Sud du pays. Kiev réfute catégoriquement cet objectif et qualifie le conflit de guerre d’agression. Malgré les offensives russes, l’armée ukrainienne tient de nombreuses positions, tandis que les attaques au missile et aux drones continuent d’affecter quotidiennement les villes ukrainiennes.