Saab a annoncé la signature d’un contrat pour la fourniture à la France de deux avions GlobalEye de surveillance avancée et de contrôle aérien (AEW&C), basés sur l’avion commercial Bombardier Global 6500. Cette commande fait suite à la signature d’une lettre d’intention par la France en juin dernier.
La France commande deux nouveaux GlobalEye AEW&C
Le contrat GlobalEye englobe les aéronefs, les équipements au sol, la formation ainsi que le soutien opérationnel. Saab a précisé que la valeur de ce marché s’élève à environ 12,3 milliards de couronnes suédoises (soit 1,3 milliard de dollars), avec des livraisons prévues entre 2029 et 2032. Une option pour l’acquisition de deux appareils supplémentaires est également incluse.
Micael Johansson, président-directeur général de Saab, a déclaré : « Cette commande souligne la solide coopération entre Saab et la France. En choisissant le GlobalEye, la France investit dans une solution moderne et efficace d’alerte précoce et de contrôle aérien. »
Il a ajouté que cet investissement témoigne de l’engagement de la France en faveur de sa souveraineté et renforce la protection globale de l’Europe.
Le GlobalEye est équipé d’une suite de capteurs actifs et passifs offrant une capacité de détection longue portée. Il est conçu pour fournir en temps réel des informations stratégiques aux forces aériennes, armées de terre et navales, améliorant ainsi la connaissance de la situation tactique.
GlobalEye se positionne comme un leader européen dans les avions AEW&C
La France remplace ainsi sa flotte vieillissante de quatre Boeing E-3 Sentry, appareils basés sur le modèle 707 désormais obsolète. Le GlobalEye a déjà été commandé par la Suède et les Émirats arabes unis, tandis que le Danemark se montre également intéressé par cet avion.
Des pays comme l’Allemagne et la Grèce sont considérés comme des clients européens potentiels. Parmi les alternatives européennes pour la modernisation des flottes AEW&C figure aussi l’avion israélien EL/W-2085, basé sur le Gulfstream G550, choisi notamment par l’Italie et la Corée du Sud.
Le cœur du GlobalEye repose sur le radar Erieye ER (Extended Range) de Saab, déjà installé sur des turbopropulseurs régionaux Saab 340, l’Embraer ERJ-145 régional, ainsi que sur le Bombardier Global 6500.
Saab a même suggéré une version montée sur Airbus A330 pour la Royal Air Force britannique, qui a récemment retiré ses E-3 (vendus au Chili) et travaille à leur remplacement par des E-7 Wedgetail plus performants.
GlobalEye, un candidat majeur pour l’OTAN dans le domaine des AEW&C
Le mois dernier, il a été rapporté que l’OTAN avait abandonné son projet d’acquérir six Boeing E-7 Wedgetail AEW&C, destinés à remplacer sa flotte de E-3 Sentry, prévue pour disparaître d’ici 2035. Ces appareils avaient été commandés par huit pays membres, dont la Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Roumanie et les États-Unis.
Cependant, en juillet, les États-Unis se sont retirés du programme, laissant les pays européens explorer des options pour poursuivre l’effort sans leur participation.
La United States Air Force envisage également d’annuler sa commande du Wedgetail, préférant acquérir temporairement des appareils navals plus petits, les E-2D Hawkeye embarqués sur porte-avions, tout en développant ses capacités spatiales. La Marine française utilise également le Hawkeye sur son unique porte-avions.
Le Saab GlobalEye est donc considéré comme l’option la plus plausible pour les membres européens de l’OTAN. Bien qu’il soit plus compact et less compétent que le Wedgetail, il demeure une plateforme performante.
Un enjeu important pour les avions de détection radar est leur vulnérabilité croissante. Le succès des frappes ukrainiennes contre deux AEW&C russes A-50U Mainstay en témoigne.
La force aérienne américaine mise sur le développement de capacités spatiales pour compenser cette vulnérabilité. En attendant, les pays européens disposant de capacités spatiales plus limitées pourront s’appuyer sur des avions de nouvelle génération dotés d’aptitudes avancées de guerre électronique et de contrôle aérien embarqué.
Aaron Spray