Malgré près de quatre années de conflit en Ukraine, la Russie peine toujours à neutraliser le réseau de défense aérienne ukrainien, ce qui conduit à des bombardements accidentels sur son propre territoire. En 2025, elle aurait ainsi largué au moins 143 bombes sur des zones russes ou occupées, selon des données recueillies par le groupe OSINT ASTRA.

Au cours de l’année 2025, la Russie aurait accidentellement bombardé son propre sol à 143 reprises

ASTRA a déclaré : « La Russie a largué au moins 143 bombes aériennes sur des territoires russes et occupés en 2025 ». Cette estimation inclut 135 bombes à gravité conventionnelles (FAB), 7 munitions planantes multipurpose (UMPB) ainsi que trois missiles. Par ailleurs, l’OSINT a identifié au moins trois autres bombes FAB défaillantes tombées des avions russes en décembre, sans qu’aucune victime ne soit à déplorer.

Parmi ces incidents, une bombe de 250 kg a été retrouvée non explosée dans un champ, à seulement 350 mètres d’une école dans le village occupé de Tarasovka, dans la région de Louhansk, annexée illégalement par Moscou. Un autre engin a été découvert près du village de Batratskaya Dacha, dans l’oblast russe de Belgorod, à environ 300 mètres de la localité la plus proche.

FAB désigne “Fugasnaya Aviatsionnaya Bomba”, soit bombe aérienne à haute explosive. UMPB renvoie à munition planante multipurpose unifiée.

Ces bombardements accidentels peuvent avoir des conséquences dommageables

Selon ASTRA, « les autorités russes tentent de dissimuler ces incidents. Lorsque des civils sont affectés, elles imputent la responsabilité d’éventuels dégâts aux forces armées ukrainiennes. »

Plusieurs cas récents illustrent la gravité de la situation. Une bombe FAB larguée sur la ville russe de Belgorod a explosé près d’un immeuble résidentiel, blessant une personne et privant 15 000 habitants d’électricité. Le 12 décembre, une grosse bombe russe a été larguée sur la cour d’une école maternelle de Belgorod, contraignant plus de 1 800 personnes à évacuer.

Si le chiffre de 143 bombes larguées sur le territoire russe en 2025 reste préoccupant, il constitue néanmoins une baisse par rapport à 2024 où ASTRA avait recensé au moins 165 FAB tombées sur la Russie. Ces armes incluent de nombreuses bombes équipées de kits de guidage par planeur et navigation satellite, permettant à la Russie de frapper à distance, sans survoler l’espace aérien ukrainien. Cela souligne cependant l’incapacité persistante de la force aérienne russe à obtenir une supériorité aérienne effective après presque quatre ans de combats.

Des observateurs notent toutefois une évolution positive des munitions planantes russes, désormais capables de parcourir de plus grandes distances avec une meilleure précision, même si certains engins ratent encore leur cible et tombent en territoire russe.

Une diminution du rythme des opérations aériennes russes

Malgré tout, la force aérienne russe maintient un tempo d’engagement plus modéré, bien en deçà des 250 à 300 sorties journalières observées en début de conflit.

La base de données OSINT Oryx recense, sur l’ensemble du conflit, la destruction de 150 avions de combat russes ainsi que 24 appareils endommagés. Ces chiffres, validés par imageries et autres preuves, intègrent les pertes accidentelles. De nombreux avions ont été détruits au sol, mais plusieurs ont également été abattus en vol. Si la production aéronautique russe compense en partie ces pertes, elle ne freine pas le vieillissement et l’obsolescence accélérée de la flotte.

Parfois, Moscou attribue les pertes d’appareils russes au feu ami, plutôt qu’à des tirs ukrainiens. Par exemple, deux des rares avions AWACS russes A-50U Mainstay ont été abattus par l’Ukraine.

Aaron Spray