Saab s’est déclaré prêt à collaborer avec l’Allemagne sur un futur avion de combat, se positionnant comme une alternative alors que des doutes persistent concernant le principal programme européen de développement d’un avion de combat de nouvelle génération.

Dans une interview accordée au Frankfurter Allgemeine Zeitung, le PDG de Saab, Micael Johansson, a présenté cette proposition dans un contexte où l’Europe peine encore à accélérer sa modernisation de la défense, près de quatre ans après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Si les stocks de munitions se sont améliorés et la dissuasion renforcée, Johansson a souligné que l’Europe — y compris l’Allemagne — doit intensifier ses acquisitions et s’orienter plus résolument vers de nouvelles technologies telles que les drones, la défense antimissile et les systèmes aériens avancés.

L’Allemagne, qualifiée par Johansson de marché européen clé pour Saab, a été à la fois un partenaire de longue date et un concurrent exigeant. L’industriel suédois travaille avec les forces armées allemandes depuis plus de quarante ans et collabore étroitement avec des entreprises comme Diehl Defence.

Dans ce cadre, Johansson a indiqué que Saab serait disposé à coopérer avec Airbus Defence sur un avion de combat conjoint si Berlin décidait de modifier sa trajectoire actuelle concernant le Future Combat Air System (FCAS) développé avec la France.

Saab, a-t-il insisté, possède les compétences nécessaires pour apporter une contribution significative — mais uniquement avec des engagements politiques clairs et à la condition que la Suède conserve son autonomie en matière de conception et de construction d’avions de combat.

Ce qu’est le programme FCAS

Le FCAS est le programme européen le plus ambitieux en matière de puissance aérienne, piloté conjointement par la France, l’Allemagne et l’Espagne. Il s’appuie sur un avion de combat de sixième génération accompagné de drones « remote carriers », de capteurs avancés et d’un cloud de combat sécurisé.

L’avion piloté, baptisé New Generation Fighter, est principalement développé par Dassault Aviation et Airbus Defence, avec une capacité opérationnelle initiale prévue vers 2040.

Cependant, les progrès ont été inégaux. Les désaccords industriels — notamment sur les rôles de leadership, la propriété intellectuelle et la répartition du travail — ont à plusieurs reprises ralenti les phases de développement.

Ces tensions ont alimenté les spéculations selon lesquelles l’Allemagne pourrait finalement chercher des voies alternatives ou complémentaires pour garantir l’entrée en service dans les délais de ses capacités aériennes de nouvelle génération.