Le programme ambitieux des sous-marins nucléaires indiens subit un léger retard, avec des sources indiquant que la mise en service du quatrième sous-marin lanceur d’engins nucléaire (SNLE) du pays, baptisé S4* (Star), est désormais prévue pour fin 2027 ou début 2028. Ce report s’écarte des prévisions initiales qui tablaient sur une entrée en service entre fin 2026 et début 2027, soulignant la complexité de l’intégration des technologies indigènes avancées sur ces plateformes stratégiques.

Le S4*, d’un déplacement de 7 000 tonnes, est le jumeau amélioré de l’INS Aridhaman (S4), le troisième SNLE actuellement en essais en mer avancés et attendu pour une mise en service début 2026. Tous deux appartiennent à la série améliorée de classe Arihant, caractérisée par des coques allongées pour augmenter la capacité en missiles, une furtivité acoustique optimisée et la capacité d’emporter plusieurs missiles balistiques sous-marins K-4 d’une portée de 3 500 km. Ces améliorations renforcent sensiblement la capacité de second-strike maritime de l’Inde, pilier essentiel de sa posture de dissuasion minimale crédible.

Lancé discrètement en octobre 2024 au Ship Building Centre de Visakhapatnam, le S4* intègre près de 75 % de composants indigènes, illustrant la montée en puissance de l’autonomie technologique indienne dans le domaine de la défense critique. Ce retard est attribué à des périodes prolongées de validation de nouveaux sous-systèmes, incluant des composants de réacteur affinés ainsi que des systèmes intégrés de gestion de combat – des défis similaires à ceux rencontrés et surmontés lors des essais de l’INS Aridhaman. Ce développement parallèle a permis des améliorations en temps réel, mais a allongé la durée du processus de certification afin d’assurer une fiabilité opérationnelle optimale.

Avec l’INS Arihant et l’INS Arighaat déjà en service, l’arrivée prochaine de l’INS Aridhaman permettra d’augmenter la fréquence des patrouilles. La mise en service du S4* renforcera davantage la capacité de dissuasion continue en mer, permettant à la marine indienne de maintenir un SNLE indétectable en permanence malgré un contexte régional en mutation. Malgré ce décalage, le programme continue de progresser vers sa maturité, comblant le fossé en attendant l’entrée en service des sous-marins plus grands de classe S5 prévue dans les années 2030.

Ce retard illustre la rigueur du projet Advanced Technology Vessel de l’Inde, privilégiant la sécurité et la performance plutôt que la rapidité. À mesure que la flotte s’élargit, ces gardiens silencieux contribuent à affirmer l’autonomie stratégique indienne dans un domaine maritime indo-pacifique de plus en plus contesté.