L&T Precision Engineering and Systems franchit une étape majeure dans la guerre autonome et les systèmes sans pilote en réseau avec le développement de Chanakya, un cadre d’autonomie collaborative décentralisée conçu pour supporter des essaims hétérogènes de plateformes sans pilote. Cette initiative illustre l’accent croissant porté par l’Inde sur des architectures d’autonomie évolutives et résilientes, capables d’opérer dans des environnements contestés et à communication dégradée.
Chanakya a été pensé comme un cadre d’intelligence distribuée, et non comme un système centralisé, permettant à plusieurs actifs sans pilote de collaborer de manière dynamique autour d’un objectif commun. Ce cadre autorise des comportements avancés tels que le vol en essaim, l’autonomie au niveau de la mission et l’analyse vidéo embarquée, offrant aux systèmes sans pilote la capacité de planifier, répartir, exécuter et contrôler les tâches en temps réel. Cette approche décentralisée améliore la survie et la flexibilité opérationnelle, car la perte ou la défaillance d’un seul nœud n’affecte pas la mission de l’essaim dans son ensemble.
Un jalon important a été atteint lors des derniers essais en vol de L&T, où la société a démontré avec succès la capacité de vol en essaim avec plusieurs véhicules aériens sans pilote à voilure fixe. Lors de cette démonstration, les UAV ont effectué des décollages coordonnés et des opérations synchronisées en vol, s’organisant de manière autonome en un essaim cohérent. Les plateformes ont montré une gestion des collisions inter-agents, maintenant une séparation sécurisée tout en opérant comme une entité logique unique plutôt que comme des aéronefs indépendants.
L’essaim avait pour mission de suivre une série de points de passage prédéfinis, démontrant ainsi une surveillance coordonnée de la zone en formation. Chaque UAV contribuait à la mission collective en partageant des données de situation et en adaptant son comportement en fonction des actions des agents voisins. Cette capacité est essentielle pour des applications telles que la reconnaissance à large échelle, la surveillance persistante et les missions de réponse rapide, où la couverture, la redondance et l’adaptabilité priment sur les performances d’une plateforme isolée.
Cette démonstration réussie souligne la maturité de la couche d’autonomie de mission de Chanakya, qui permet aux systèmes sans pilote de prendre des décisions locales tout en restant alignés avec l’intention globale de la mission. En intégrant directement l’analyse vidéo dans le cadre d’autonomie, le système peut potentiellement supporter la détection, la classification de cibles et la réallocation des tâches en temps réel au sein de l’essaim, réduisant ainsi la dépendance à une supervision humaine continue.
D’un point de vue stratégique, le cadre Chanakya positionne L&T comme un acteur clé de l’écosystème indien émergent des systèmes autonomes et sans pilote. L’autonomie collaborative est reconnue comme un multiplicateur de force, permettant à des plateformes relativement peu coûteuses de produire des effets traditionnellement associés à des équipements plus onéreux et habités. La capacité à déployer des essaims hétérogènes – combinant potentiellement UAV à voilure fixe, plateformes rotatives, véhicules de surface et robots terrestres – ouvre aussi la voie à des opérations multi-domaines dans les conflits futurs.
Après ces essais concluants de vol en essaim, Chanakya devrait évoluer vers des démonstrations plus complexes, incluant des essaims de plus grande taille, des types de plateformes mixtes et des environnements électromagnétiques contestés. Une fois déployé opérationnellement, le système pourrait considérablement renforcer les capacités indiennes en matière de surveillance, reconnaissance et opérations de combat distribuées, conformément aux tendances mondiales vers des systèmes de guerre autonomes et en réseau.